Aka The God, The Bad and The Ugly aka Il buono, il brutto, il cattivo.
Metteur en scène : Sergio Leone
Liens : Mediafilm, IMDB Wikipédia
La Cinémathèque Québécoise a présenté le grand classique-culte de Sergio Leone Le Bon, La Brute et le Truand une première fois en janvier 2023 lors d’une rétrospective Western spaghetti et a fait salle comble. Une seconde représentation à la mi-mars était aussi remplie. Cela en dit long sur la popularité du cinéaste plus de trente ans après sa mort auprès du public cinéphile montréalais.
Après Une Poignée de Dollars et Pour Quelques Dollars de plus on peut vraiment dire que Leone aura mis les bouchés triples avec son troisième western centré sur trois personnages et d’une durée de trois heures. Il y embrasse vraiment une démesure tant dans l’espace et la durée qui sera désormais caractéristique de son œuvre.
La trame du film repose à la fois sur une chasse au trésor et sur les relations tortueuses entre « l’homme sans nom » de Clint Eastwood et un dangereux truand Tuco joué avec une truculence conquérante par Eli Wallach. C’est lui la grande révélation du film tout comme Eastwood l’avait été dans le premier Dollar et Lee Van Cleef dans le second.
Le Bon se déroule pendant la Guerre civile américaine et présente à de nombreuses reprises des scènes de destruction et d’hécatombes tournées en de longs plans-séquence magnifiés par la musique élégiaque d’Ennio Morricone. Elles ne contribuent pas vraiment à l’intrigue et semblent en fait superflues excepté qu’elles constituent les moments les plus envoûtants du film. Manifestement, l’idée de présenter le spectacle de la mort et des dévastations lier à la guerre aura autant occupé l’esprit de Leone que son récit d’un trio de chasseurs au trésor et contribue de façon cruciale à l’ampleur épique du film.
D’une durée de 161 minutes à sa sortie, le Bon a été prolongé de 15 minutes avec l’ajout de plusieurs scènes lors d’une restauration en 2003 soit 15 ans après la mort de Leone. C’est une démarche qui est une fausse bonne idée, car les ajouts sont soient inutiles dramatiquement ou redondants. Certains développements narratifs tournent également un peu les coins ronds à quelques moments.
Ces petits défauts occasionnels comptent quand même peu face aux nombreux morceaux de bravoure purement filmiques que Le Bon présente. Certains reposent même sur un emploi ingénieux du son; l’orchestre dans le camp de prisonniers dont la musique couvre brutalités sordides ou encore les clics des éperons dans un guet-apens qui sonnent l’alarme pour un personnage pourchassé.
Le Bon La Brute et le truand reste une fresque picaresque ludique des plus splendide qui avec son duel final de 7 minutes présente l’un des plus beaux morceaux d’anthologie de l’histoire du cinéma. Magnifique. À voir dans une grande salle si on en a l’opportunité.
























