Aka: L’Homme qui rétrécit.
Metteur en scène : Jack Arnold. Produit par les Studio Universal
Liens : IMDb, Wikipédia, Médiafilm.
The Incredible Shrinking Man (aka l’Homme qui rétrécit) est l’un des films phares du cinéma de science-fiction des années cinquante. À l’époque, le genre, encore balbutiant, consiste surtout en des séries-B de facture relativement modeste. La plupart des films produit sont centré soit autour de visiteurs extra-terrestres aux intentions généralement belliqueuses (The Thing, War of The Worlds), soit de monstres transformés par la science atomique (Them, Godzilla).
L’Homme qui rétrécit inverse lui la convention habituelle en montrant non pas sur des intrus menaçants — que ceux-ci soient des monstres ou des extra-terrestres —, mais un homme qui victime d’un phénomène inouï devient une aberration dans le monde normal. Relativement peu de films aborderont le fantastique vu sous cet angle. À lui seul ce point de vue original est digne d’intérêt.
L’Homme qui rétrécit présente donc un protagoniste qui affecté par une brume radioactive sortie de nulle part commence à rétrécir. De 1,80 mètre il passe graduellement de la taille d’un enfant puis d’une petite poupée et enfin d’un insecte. Finalement il se retrouve coincé dans le sous-sol de sa propre demeure qui de son point de vue a la dimension d’une immense caverne dans lequel rôde une terrifiante araignée.
La Magie du cinéma.
L’Homme qui rétrécit est l’adaptation d’un roman fantastique écrite par une des sommités du genre : Richard Matheson. Le film a été mise en scène par Jack Arnold un spécialiste dans la science-fiction de série B œuvrant pour les Studios Universal Pictures. On lui doit notamment un des plus célèbres films de monstres des années cinquante : Creature from the Black Lagoon. En plus d’être un metteur en scène habile, expert dans l’emploi des trucages, Arnold traitait ses sujets avec rigueur et intelligence. Contrairement à bien des série B, L’Homme qui rétrécit présente sa prémisse extraordinaire dans un contexte réaliste sans le moindre trace de kitch ou de camp. Le spectacle que le film offre est celui vertigineux et quasi surréaliste d’un homme miniature vivant dans un espace surdimensionner entourer de meubles, d’objets, de personnes et de bestioles gigantesques.
Quantité de trucages ont été utilisés pour créer cette efficacement cette illusion : décors et accessoires géants, transparences, double exposition et perspectives forcées. Par contre aucune sorte de poupée ou de marionnettes n’ont été utilisées pour représenter l’homme miniaturisé. Cela aura paru faux et nuit au réalisme visuel recherché auquel contribue également l’apparence ordinaire des lieux, l’allure banale des personnages et une approche de la mise en scène somme toute assez conventionnelle.
Tous ces éléments font ressortir davantage l’anormalité du protagoniste et de sa situation. Le rôle titulaire est joué par Grant Williams dont la prestation est aussi cruciale que l’emploi de trucages pour créer les illusions au cœur du film. Son look de blond athlétique et un charisme moyen crédibilisent son rôle d’homme ordinaire dépassé par ce qui lui arrive. Il excelle aussi à rendre la vulnérabilité et les états d’âme de son personnage diminué. Enfin, son évolution en un homme aux abois passant à travers quantité d’épreuves pour survivre est parfaitement dramatisée. Le jeu de Williams est d’autant plus louable quand on considère qu’à cause des trucages il avait à jouer et réagir face à des personnages et des situations n’existant pas.
Les incroyables secret de l’Homme qui rétrécit.
Un récit fantastique réaliste, une tragédie de l’aliénation une allégorie angoissante.
Le scénario de L’Homme qui rétrécit a été rédigé par l’auteur même de l’œuvre d’origine : Richard Matheson. Tout en suivant la trame dans les grandes lignes, le script présente une version simplifier et linéaire du roman qui lui alternait présent et retour en arrière. Certains éléments de l’histoire ont aussi été gommer parce que trop adulte ou violent pour un film grand public. Malgré cela le film aura gardé l’aspect introspectif du roman grâce à une narration en voix off énoncée par le protagoniste. Comme le roman, L’Homme qui rétrécit se veut tout autant un récit fantastique que le portrait tragique d’un homme devenant aliéné du monde normal. Si les détails de la conclusion dans le film ce sont pas tout à fait les mêmes que ceux du roman, c’est pour traduire en termes visuels son esprit ambivalent et poétique.
Une buée radioactive est le prétexte pseudo-scientifique utiliser pour expliquer le phénomène du rétrécissement. Toutefois, contrairement à quantité de films de science-fiction post bombe atomique l’Homme qui rétrécit n’est pas vraiment axé sur l’angoisse nucléaire. Il repose surtout sur le sentiment d’insécurité liée à une situation précaire. C’est un état d’esprit prévalent dans les années cinquante qui s’est développées à cause tant de la Guerre froide que le Maccarthysme
Tout comme une bonne partie des films de science-fiction de l’époque voire la plupart, on peut donc légitimement considérer L’Homme qui rétrécit comme une forme d’allégorie. Toutefois, contrairement à la norme des films de sci-fi, il repose sur autre chose que des envahisseurs étrangers ou des créatures fabuleuses. Ce sont d’autres formes d’appréhensions qui sont subtilement abordées. Au-delà du spectacle inusité offert par l’Homme qui rétrécit, ce que le film montre des malaises de son temps s’avère être un autre de ses points d’intérêt.
Conclusion.
L’Homme qui rétrécit connaitra un très bon succès au box-office lors de sa sortie et fut même le premier film à recevoir un prix Hugo pour meilleure présentation dramatique donné à des œuvres de science-fiction non littéraires. Il se retrouve toujours au sommet de la liste des meilleurs films de science-fiction des années cinquante et est considéré comme le chef d’œuvre de son metteur en scène : Jack Arnold.
Si L’Homme qui rétrécit à la facture modeste d’une série B et a un look quelques peu générique, il n’en réussit tout à fait à rendre visuellement crédible une prémisse incroyable tout en restant un drame insolite de même qu’un thriller alerte. Tant l’efficacité des effets spéciaux que leurs allures de bricolage ingénieux ajouté à la rigueur dramatique de l’intrigue font que malgré le passage du temps, l’homme qui rétrécit ne parait pas vraiment daté. Au contraire l’âge confère au film un lustre désuet propre au vrai grand classique.
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