Metteur en sc;ene : Soi Cheang

Dans les années quatre-vingt la Citadelle de Kowloon un ghetto chaotique de Hong-Kong devient le théâtre d’une série de vendettas sanglante entre des caïds rivaux et une poignée de jeunes loups qui sont tous de remarquables combattants martiaux.

Twillight of the Warrior est l’adaptation du roman City of Darkness qui d’abord transposer en série manga par Andy Seto à connu un succès culte. Il a fallu vingt ans pour qu’un film se fasse. Au début des années 2000, l’adaptation de City of Darkness devait être mit conjointement en scène par John Woo et Johnny To et avoir pour stars les plus grandes vedettes de l’époque à commencer par  Chow Yun-Fat, Andy Lau, Lau Chin Wan, Tony Leung et Anthony Wong, mais le film ne se fit pas. Après une longue période de dormance, un nouveau projet de film décolla pour de bon en 2021avec Soi Cheang comme réalisateur. C’était là un choix aussi judicieux qu’inspiré vu le talent de Soi à mettre en scène de véritables opéras urbains aussi ténébreux qu’hyperviolents. Ceux-ci incluent entre autres : Dog Bite Dog, SPL 2 A Time for Consequence, Limbo et Mad Fate.

Le film de Soi  est   non seulement à la hauteur de son talent  et du budget alloué, un des plus grands du cinéma de Hong-Kong, mais également de son firmament de vedettes incluant; Louis Koo, Richie Jen,  Sammo Hung et Aaron Kwok.  Le capharnaüm claustrophobique, mais étrangement majestueux de la Citadelle, grand casse-tête de bloc en béton a été superbement recréé avec son labyrinthe confondant de ruelles et de couloirs constamment plongé dans la pénombre alors que les affrontements qu’y s’y déroule sont autant d’une extravagance galvanisante que d’une férocité monstrueuse.

L’ultime attrait de Twillight est qu’il constitue une sorte de patchwork synthétisant superbement 30 années de cinéma d’action hongkongais; du ciné kung-fu des années soixante-dix au polar néo-noir de Johnnny To en passant bien entendu par le cinéma survolté de Jackie Chan, John Woo et Tsui Hark. Twillight s’avère ainsi un exemple merveilleusement spectaculaire d’un cinéma brut plein de panache, de vitalité et d’inventivité, avec un mélange détonnant d’humour et de mélo dans une trame narrative menée tambour battant sans grands soucis de vraisemblance ou de cohérence de ton. Les amateurs du cinéma de Hong-Kong pourront aussi reconnaitre des morceaux d’action inspirés tant des dénouements épiques des films Venoms de Chang Cheh que les cascades démentent de Jackie Chan et en éprouvé un grand plaisir ludique.

Les dernières  scènes du film et le générique de clôture présente le mode de vie des habitants de la Citadelle de Kowloon qui malgré les conditions difficiles avait un sens communautaire aiguë. La Citadelle ayant été démolis en 1993 et Hong-Kong vivant maintenant sous la chape du régime despotique de Beijing la finale du film jette un regard chaleureux sur un bon vieux temps devenu aussi mythique qui la Citadelle elle-même.    L’énorme succès populaire de Twillight à Hong-Kong suggère fortement comment cette nostalgie est précieuse à ses habitants.

Reportage photo sur la vraie Citadelle de Kowloon : city-photos-2015-2

Gallerie de la vraie Citadelle de Kowloon.