Le Festival Fantasia ne fait pas juste dans les films de genre. Il présente également des œuvres qui font dans l’art et l’essai. J’ai vu trois de ces films tous centrés sur des quêtes aussi insolites que fascinantes sur des femmes qui d’une manière ou d’une autre sont « » différentes » ».   

QUAND UNE MUTANTE AQUATIQUE RÊVE D’UN OCÉAN BLEU : ANIMALIA PARADOXA. (Chili/2023)

Mise en scène et animé par Niles Attalah

Dans un monde dystopique de ruine et peuplé de mutants, une créature amphibie cherche à survivre dans un vaste dépotoir. Elle rêve à la mer et ses habitants marins qu’elle aspire à rejoindre. Sa rencontre avec une sorcière va peut-être l’aider à exaucer son souhait, mais elle passe d’abord à travers une remarquable transformation. 

Variation inversée sur le conte de la petite sirène Animalia Paradoxa est une sorte de fable post-moderne qui ne contient aucun dialogue. C’est par les gestes et les regards que les personnages s’expriment.   La majeure partie du film est en vue réelle, mais l’introduction et la dernière partie sont en animation stop-motion. En vue réelle la mutante aquatique est incarnée par une danseuse contorsionniste qui bouge et prend des poses insolites ce qui avec son maquillage et ses accoutrements bigarrés donne au personnage une allure hors de ce monde  inspirée.   

Bien que placé dans la section animation du festival  c’est une attribution un peu trompeuse puisque la partie stop-motion du film n’est que de 10 min à peine sur une durée totale de 82 min. Étant donné le caractère ténu de son intrigue et de son propos Animalia ssaurait tout aussi bien pu être d’une durée à moitié moins longue. Malgré tout la vision qu’il offre de sa protagoniste non humaine et d’un monde dépotoir lui confère une étrangeté onirique assez envoutante.   

ROAD MOVIE ONIRIQUE À LA RECHERCHE DE SOI-MÊME ET DE SON DOUBLE : KRYPTIC.

Mise en scène : Courteny Roy/Scénario Paul Bradley.

Une jeune femme devient subitement amnésique lors d’une randonnée dans les bois. En cherchant sur elle-même, elle découvre qu’une personne a déjà disparu dans la région qui est son propre double. Elle retourne dans le boisé ou elle fait des unes série de rencontres insolites et connait des épisodes troublants.  Lorsqu’elle en sort, elle ne semble plus être tout à fait la même personne.   

Krytic est une sorte de road movie existentielle qui accumule toute sorte de mystères moins pour créer du suspense que pour susciter une ambiance étrange. En fait on pourrait le décrire comme une sorte de croisement entre Le Petit Chaperon rouge (directement cité par une cape de cette couleur portée par la protagoniste dans ses errances boisées) et Alice au Pays des Merveilles pour ces péripétie bizarre. Les concepts du double, de la boucle temporelle, de la cryptologie et des disparitions mystères sont utilisés pour créer une odyssée de l’étrange qui suit la logique du rêve. Il en résulte un film qui exerce une indéniable fascination. Cela en dut en grande partie à la prestation investie de son actrice Chloe Perrie  qui doit exprimer des troubles et des expériences surtout par son langage corporel et ses expressions.  

Kryptic est le premier filme de Kourtney Roy une artiste photographe qui a développé dans son œuvre picturale une façon de faire ressortir l’insolite dans l’ordinaire; un peu comme David Lynch, semble-t-il. Son premier film est une collaboration avec une connaissance : le romancier scénariste Paul Bradely suite à un rêve qu’il aurait fait. Kryptic est l’aboutissement de leurs démarches.

Lien d’intérêt de Panorama Cinéma  sur Kryptic et Animalia Exotica :

COUPS DE FOUDRES : ELECTROPHILIA

Scénario et mise en scène : Lucía Puenzo

Electrophilia   signifie « qui aime l’électricité »’ alors que le titre espagnol original Los Impactados se traduit lui par l’impactée (à moins que de soi les impactés). Les deux titres sont aussi valides l’un que l’autre vue la teneur du film. L’intrigue tourne d’une jeune femme frappée par la foudre. Sa convalescence est marquée par d’étranges troubles tant psychiques que physionomiques qui l’aliènent à la fois de ces proches et de la normalité humaine, mais exerce également une étrange fascination sur elle. Éventuellement elle entre en contact avec un petit groupe d’autres miraculées mener par un médecin charismatique prônant des idées insolites sur la nouvelle condition de ces patients. Toutefois, quelques aspects de ces démarches prennent une tournure bizarre, voire inquiétante.

Electrophilia pourrait être interprété comme une allégorie sur les personnes qui affligé de maladie ou survivant a un traumatisme voit leurs vies bouleversées à jamais. Une direction photo bleutée grisâtre confère au film une ambiance “’électrique”’ appropriée qui magnifie son propos. Le film bénéficie également du jeu de son actrice principale toute en vulnérabilité et nervosité à fleur de peau.  

Il est intéressant de noter que tout comme Kryptic, Electrophilia a été mise en scène par une femme. Leurs sensibilités différentes vis-à-vis le traitement de l’insolite est intéressantes à observer.