Traduction du Titre : La Proie.
Metteur en scène, Jimmy Henderson Chorégraphe : Jean Paul Ly.
Après avoir produit ensemble Jailbreak un des films d’action les plus épatants de 2017, le metteur en scène Jimmy Henderson et le chorégraphe Jean Paul Ly ont collaboré une seconde fois avec The Prey. Alors que Jailbreak empruntait sa prémisse du film d’action indonésien The Raid, The Prey lui s’est accaparé d’une trame récurrente des thrillers de survie ou une partie de chasse se fait avec du gibier humain.
Au mauvais endroit au mauvais moment, un policier infiltré chinois se retrouve dans un bagne cambodgien. Pire encore, la prison est dirigée par un tyran aussi sadique que corrompu. Celui-ci organise même des parties de chasse pour une clientèle de riches dépravés pratiquant leurs sports avec des détenus utilisés comme proies. Le policier se retrouve ainsi parmi les malheureux sélectionnés à cette chasse crapuleuses mais contrairement aux autres il possèdes les aptitudes physique et la détermination nécessaire pour défier les chasseurs dans leur propre jeu.
ACTION ET SUSPENCE
Traque infernale en pleine jungle avec fusils, couteaux et armes bricolées, The Prey ne se distingue pas beaucoup par l’originalité de sa trame assez standard pour un thriller de survie. Sa spécificité se retrouve dans son contexte asiatique, de petits moments d’action kung-fu de même qu’une ou deux variations inusitées sur des développements convenus ou des personnages clichés.


Le grand moment d’action du film survient sur le site très scénique d’une chute ou la proie est débusquée par un rabatteur. Ce dernier est incarné par Dara Our un des protagonistes policiers de Jailbreak et un expert dans l’art martial cambodgien du bokator. Il ne s’agit pas toutefois d’un duel de virtuosité physique, mais d’un corps à corps des plus âpre


Parmi les autres scènes d’action du film, on retrouve une bagarre générale dans un bagne, des poursuites dans la jungle, dont une avec des motos et un raid nocturne d’une milice armée dans un village forestier.
Comme dans Jailbreak, des plans-séquences soutenus saisissent l’action dans leurs intégrités ce qui magnifie le suspense et le dynamisme visuel du film.
ATOUTS ET LACUNES
Au dela des séquences d’action, la qualité la plus marquante de The Prey est sa cinématographie d’un grand lustre. Celle-ci met superbement en valeur l’environnement de la jungle et conjugué avec une trame musicale anxiogène, crée une ambiance oppressante marquée.

Le maillon faible du film se retrouve avec l’acteur qui joue la proie : Gu Shengwei. Un champion national en arts martiaux, celui-ci a les aptitudes nécessaires au rôle et exprime adéquatement tant l’ahurissement que la détermination convenant à un personnage prit dans un piège implacable. Malheureusement son charisme est minimal. Dans un film thriller d’action pareil manque est pour le moins problématique, bien que la qualité des combats et la teneur du suspense n’est pas affecter.

Cette lacune est en partie compensée par la présence de deux antagonistes notables. Le premier est le directeur du pénitencier une crapule sadique jouée avec verve par Vithaya Pansringarm. Le second est un des chasseurs qui au lieu d’être juste le psychopathe de service est atteint d’un trouble singulier qui le rend plus étrange et imprévisible tout en conservant sa dangerosité.

DERRIERE LA CAMÉRA
Grâce au succès international rencontré par Jailbreak, le metteur en scène Jimmy Hendesron a pu trouver des partenaires d’autres pays d’Asie. C’est pourquoi même si The Prey se situe au Cambodge son protagoniste titulaire est chinois et que le principal antagoniste est thaï. Ce nouveau film à aussi bénéficier d’un budget cinq fois plus important que celui de Jailbreak ce qui en a fait le premier film d’action du Cambodge d’un million de dollars. C’est grâce a ces moyens beaucoup plus importants, bien qu’encore relativement modestes, qu’Henderson aura pu faire un film d’un calibre un peu plus relevé notamment au niveau de la cinématographie.
The Prey aura prend à rebours de nombreux éléments de Jailbreak notamment au niveau du spectacle d’action. Ainsi au lieu de se dérouler un d’une succession d’endroits clos comme Jailbreak qui se déroule dans une prison, Prey se situe en pleine nature. Le suspense étant privilégier sur l’action, les affrontements sont moins nombreux et il n’a aucun d’emploi d’humour Prey restant sérieux en tout temps.
Tout en continuant de mettre en scène des scènes d’action vigoureuse et spectaculaire, Henderson aura voulu vraisemblablement démontrer avec Prey d’autres facettes de son talent de cinéaste notamment sur la création d’atmosphères. On peut estimer qu’il aura réalisé ces objectifs avec brio.

CONCLUSION
Si The Prey n’est pas aussi exubérant en action que Jailbreak et n’a pas son humour déjanter, il n’impose pas moins comme une série B très solide.
S’il y a quelques facilités de scénario et qu’il termine de façon un peu brusque, le film reste en tout temps efficace et il a quantité de moments très forts tant visuellement que dramatiquement. Un attrait supplémentaire est son contexte sud-asiatique qui est bien exploité et qui donne une bonne petite idée sur ce coin méconnu du monde. De plus même si son scénario est en général assez standard pour un thriller de survie quelques détails ou développements inusités ne sont pas dénués d’intérêt et apportent une once d’imprévu. Même avoir un protagoniste au charisme si minimal est si inhabituel pour un film de genre que cela en est un tant soit peu rafraichissant.
RUBRIQUE COMPLÉMENTAIRE : UN JEU DANGOUREUX : LE FILM DE CHASSE AUX HOMMES
Le concept d’une chasse avec du gibier humain remonterait à une nouvelle de Richard Cornell datant de 1924 : The Most Dangerous Games. Celle-ci a été adaptée au grand écran première fois en 1932 dans un film une qui est considéré comme un classique du cinéma d’aventure et d’effroi des années trente.
Depuis lors la nouvelle a été adaptée directement une bonne dizaine de fois. Le concept de la chasse aux hommes -inspiré ou non par Most Dangerous Game– se retrouve dans un nombre encore plus grand de films. C’est un thème qui est particulièrement populaire de nos jours dans les thrillers de survie. Les film les plus connus sont Predator, qui offre une variation sci-fi de la prémisse, et Hard Target un film d’action de John Woo avec Jean Claude Van Damme.
La conventions clé de ce type de récit est que le chasseur est motivé, non par la vengeance ou quelconque intérêt matériel mais par le pur plaisir du sport ou juste pour tuer La traque se déroule dans la nature et se fait avec des armes, habituellement des fusils.
Les films de monstre prédateur comme Alien ou The Thing avec des créatures qui tuent des proies pour assurer sa survie ne font pas partie de ce type de film. Predator est une exception a cette règle puisque le monstre pratique une forme avancé de chasse sportive et utilise des armes. Le film de Naked Prey présente également une variation intéressant avec un guide de safari durant l’ère coloniale africaine qui dépouillé de ses armes et même de ses vêtements est pris en chasse par une tribu en pleine brousse.
En dehors du médium du cinéma un récit de chasse humaine remarquablement bien mené se retrouve dans la Loi de la Steppe une aventure du héros BD le Chevalier Ardent dans lequel celui-ci est traqué par des cavaliers tartares dans la puszta hongroise.
GALERIE DE FILMS DE CHASSE
La conventions clé de ce type de récit est que le chasseur est motivé, non par vengeance ou intérêt personnel mais pour le plaisir du sport ou juste de tuer La traque se déroule dans la nature et se fait avec des armes habituellement des fusils.
Les film de monstre prédateur comme Alien ou The Thing qui tuent des proies pour assurer sa survie ne font pas partie de ce type de film. Il peut y avoir des exceptions à ces conventions. Par exemple Predator ou le chasseur est un monstre extra-terrestre. C’est que celui-ci pratique un sport et utilise des armes.










