
Bien qu’incluant une sorcière et un loup-garou ce film d’effroi tourné en animation rotoscope porte vraiment sur la dépravation et perversité humaine sous quantité de formes de la persécution aux orgies. L’animation est efficacement utilisée pour créer une ambiance glauque et fétide appropriée à son sujet, mais la mise en scène et l’imagerie reste quand même relativement bien sage et le traitement de son sujet assez convenue dans son ensemble.
Il faut en fait attendre un certain temps avant que le film offre un tant soit peu de nouveau avec le retour du chien de dieu un loup garou a la poitrine tatoué. Toutefois, en fin de compte ont ne fait pas grand-chose avec le personnage. Au moins le dénouement du film dans une grande bacchanale halluciné accroche un tant soit peu, mais s’est trop peu trop tard pour démarquer le film.
Mother of flies marque la cinquième présence de la famille Adams à Fantasia depuis 2019. Ceux-ci réalisent leurs films avec des cellulaires tout en jouant les rôles principaux et parviennent toujours à brillamment produire des œuvres bouleversantes hantés d’une grande poésie macabre.

Ce film-ci aborde un sujet particulièrement personnel puisqu’il est centré sur le cancer un mal qui a frappé deux membres de la famille dans le passé. En plein cœur d’une foret une jeune cancéreuse, son père et une mystérieuse guérisseuse font face à la réalité de la mort a la fois ambiante mais envahissant aussi leurs corps et leurs âmes.
Le récit voit des tensions de plus en plus grandissantes dans le trio alors que le traitement subit par la fille et les agissements étranges de la guérisseuse alarme le père. Le film est ponctué des errances de cette étrange sorcière des bois et de flash-backs sur son passé accompagné de litanies poétiques morbides. Le mystère des agissements du personnage et de ces motivations n’en deviennent que plus inquiétant. Le dénouement est aussi graphique que totalement bizarre; un authentique what the fuck ending comme on dirait en langue anglaise.
Récit au rythme posé, au climat prégnant de morbidité, Mother of flies est une étrange ode méditative envoutante sur la vie et la mort. Les Adams n’ont pas oublié qu’un aspect fondamental du cancer est qu’il est après tout le développement d’une forme nouvelle de vie au sein même du corps comme le fœtus dans le ventre d’une mère.
