SHAKSPEARE IN IRAN JULIET AND THE KING

Au XIX siècle Une jeune actrice française, un dramaturge perse et le fantôme de William Shakespeare se rende en Iran pour que le souverain du royaume avide de nouveauté occidentale puisse monté Roméo et Juliette avec lui dans le rôle-titre. Toutefois, ils devront faire face à une cabale de réactionnaires menés par la propre mère du roi une mégère hystérique.
Juliet et le roi est le premier long métrage d’animation produit en Iran et ravivent la figure controversée du souverain Nasir El-Adin. . En dépit des efforts qu’on a dû mettre dans la production et la réalisation de ce film, celui-ci ne s’avère pas très réussi.
C’est ainsi que même si initialement, Juliet semble vouloirs présente une page d’histoire aussi méconnue qu’intéressante et qu’il assemble une belle sélection de thèmes notamment sur les échanges interculturels, ces sujets sont en fin de compte à peine abordés. C’est que le film va partout et nulle part à la fois notamment avec une intrigue de palais peuplé de personnages aussi grotesques qu’insupportables. Ce qui n’aide pas non plus c’est que les protagonistes sont des figures clichées et superficielles peu engageantes. Au lieu de révéler quelque chose d’intéressant sur l’Iran du XIX siècle, Juliet et le roi montre surtout la faible estime voire la détestation de l’Iran contemporain pour ces figures historiques.
Au-delà de son histoire et de ses personnages on peut également reproché au film un design graphique qui bien qu’ornemental et chatoyant n’accroche pas vraiment l’œil pas plus que les numéros musicaux ne charment l’ouïe. L’animation elle-même ne se distingue pas non plus avec les mouvements saccadés des personnages et une mise en scène sans grand relief. Bref, Juliet et le roi à beau être le premier long métrage d’animation iranienne il ne marquera pas l’art filmique de son pays. Dommage.
MA FEMME EST UNE POISSON : CHAO

ChaO est un film d’animation japonais produit par Studio 4 C dont une poignée de film ont été présentés à Fantasia au fil des ans.
L’intrigue propose une inversion astucieuse du conte de la Petite Sirène avec une histoire présenté du point de vue non de la princesse des mers, mais du protagoniste masculin. Celui-ci n’est pas non plus un prince charmant, mais un jeune homme sans histoire, qui se trouve être soudainement catapulté sous les feux de la rampe lorsqu’une princesse sirène ayant l’apparence d’un gros poisson rouge proclame son amour pour lui et qu’il est entrainé pratiquement de force dans un mariage hautement médiatiser. Les épousaille ayant eut lieu reste au nouveau marié à répondre aux sentiments de la sirène. Il s’agit donc d’une comédie loufoque surréelle reposant sur le principe comique du fish out of water (le poisson hors de l’eau), mais ici utilisé dans les deux sens du terme au propre comme au figuré.
Mener tombour-battant avec un graphisme stylisé reposant sur la caricature du genre petit corps grosse tête, ChaO ne ménage pas ces spectateurs qui se trouve être aussi bousculé que le protagoniste dans le déroulement de cette histoire. Le film n’en réussit pas moins à faire rire et séduire avec sa romance à rebours. Cela dit, ChaO aurait quand même pu bénéficier d’être un peu plus long et posé dans sa narration et d’avoir moins recours à quelques révélations surprises qui font dans la facilité. Malgré ce bémol, Chao s’avère quand même un anime au style et au et propos idiosyncrasique des plus galvanisant et sympathique.
JEUX DE TEMPS ET DE CINÉMA: THE GIRL WHO STOLE TIME

Long métrage en image de synthèse 3D provenant de Chine The Girl Who Stole Time a déjà rapporté le prix du jury en tant que meilleur film d’animation de Fantasia et il est plus que probable qu’on le retrouvera en première place dans le palmarès des prix du public du Festival.
Une jeune fille espiègle et pétillante de vie acquit un médaillon qui lui permet de contrôler le temps. Elle s’en sert d’abord pour satisfaire de petits caprices puis pour échapper à des poursuivants qui veulent récupérer le médaillon. Finalement elle s’en sert pour défier le temps lui-même pour sauver le grand amour de sa vie.
Film d’aventures fantastiques mâtiné de tragi-comédie Girl est une production luxuriante remplie de morceaux de bravoure éblouissant dans ces scènes d’action et ses jeux temporaux. Mieux encore, il est également d’une finesse poétique inattendue tant sur les notions variées du temps que sur le cinéma lui-même.
La deuxième partie de Girl se déroule en une seule journée fertile en péripéties et en morceaux comiques bouts en train. La troisième partie est à la fois remplie de jeux et de paradoxes temporaux virtuoses bien que par moment un peu confondant, mais est aussi est plus grave et mélancolique alors que la relation entre les deux protagonistes prend une tournure romantique émouvante. Il y a également une grande révélation surprise. Cette partie est peut-être plus laborieuse et maniériste dans son défoulement d’émotions et de retournements temporaux, mais n’en suscite pas moins de gros pincements de cœur alors que le film s’achève sur un crescendo d’émotions tant sur l’amour dans un couple que celui du cinéma. À date Girl constitue un des grands moments de Fantasia 2025.
