Neuf des treize films présentés cette semaine sont centrés sur des jeunes femmes ou des jeunes filles dans une forme ou une autre de merveilleux : féérique, onirique, animé et même aquatique.

DES CONTES MERVEILLEUX DE FRANCE.

Sans doute le plus renommé  de ces films, le plus ancien en tout cas, est la Belle et la bête (samedi le 16 aout) datant de 1946. C’est  une adaptation du célèbre conte de fée écrit et réalisé par le poète cinéaste Jean Cocteau.

Celui-ci aura brillamment créé une ambiance baignant dans un onirisme suranné tout à fait digne d’un conte merveilleux. Tout comme les Visiteurs du soir datant de la même époque et présenté à la Cinémathèque il y a quelques semaines. La Belle et la Bête est un grand classique du cinéma fantastique français.

Démons et merveilles va également présenter un second film de Jean Cocteau : Orphée (lundi le 25 aout)

Prenant la démarche de son film précédent à contre-pied Cocteau y a modernisé  l’ancien mythe grec  en le faisant se dérouler à l’époque contemporaine,  mais en ne perdant rien de sa poésie ténébreuse grâce à l’emploi d’effets spéciaux particulièrement ‘’magique’’.

Brillant interprète de la Bête et d’Orphée, Jean Marais est présent dans un troisième film de Démons et Merveilles :  Peau d’âne ( dimanche le 24 aout). Il y incarne le rôle du roi qui souhaite épouser sa propre fille incarnée par Catherine Deneuve.

L’adaptation  du conte est ici réalisée par Jacques Demy qui fait un emploi de couleurs chatoyantes pour illustrer l’histoire.

SIRÊNES ET ROMANCES AQUATIQUE.

Le conte de la Petite sirène  est astucieusement modernisé dans le film polonais the Lure (lundi le 11 aout) : La trame se déroule dans la Pologne des années quatre-vingt et introduit non pas une mais deux demoiselles des eaux.

Version 1.0.0

Tragédie amoureuse et horreur sont au rende – vous dans se film mais également l’érotisme et la comédie musicale. À noter que The Lure est des rares films du cycle à être écrit et réalisé par une femme : Agnieszka Smoczyska

The Lure n’est pas le seul film d’amour aquatique de Démons et Merveilles.  En effet on retrouve également The Shape of Water le second film de Guillermo Del Toro présenté à la Cinémathèque.

Variation romantique voir même transgressive du célèbre film de monstre : L’Étrange Créature du lac noire  : Shape of Water procède également à une inversion de la trame de la Petite Sirène puisqu’il montre une femme humaine tombée en amour avec une créature aquatique. Petit chef-d’œuvre à mi-chemin entre l’effroi, le ferrique et le récit d’historique comme les œuvres de Del Toro situé pendant la Guerre Civile Espagnole  de The Shape of Water est l’un des rares titres tenant du fantastique à avoir rapporté un Oscar de meilleur film.

LES TROIS PETITES FILLES  AUX PAYS DE MERVEILLES

Trois films jouent  sur le prémisse fantastique  d’Alice au Pays des merveilles ou une petite vie des aventures étranges et fait des rencontres extraoridianire.  . Le premier Alice (jeudi le 14 aout) est justement l’adaptation du conte de Lewis Carrol par le maitre de l’animation tchèque Jan Švankmajer  qui  en a fait un conte surréel  ténébreux combinant vue réelle et animé.

Un second film tchèque présenté aussitôt  après Alice : Valerie and her week of wonder  relate une autre aventure extraordinaire vécu par une enfant mais cette fois ci en usant d’un style et d’un esprit  surréaliste plus gothique.  

Vue ensemble Alice et Valerie propose ainsi deux films marquant du cinéma fantastique tchèque .

La troisième Alice de la semaine est le film d’animation Spirted Away (vendredi 15 aout)  d’Hayao Miazaki   déjà mentionné dans une rubrique précédente de ce blogue lors  de la première présentation du film le  19 juillet dernier.

Cette fois-ci la petite fille se trouve plongé dans un monde des yokais:  les esprits et démons  des mythes et folklore japonais.

ADÈLE ET AVRIL

Les Extraordinaires aventures d’Adèle Blanc-Sec (Mercredi le 13 aout) est une adaptation de la série BD  du même titre dessiné par Jacques Tardi . Celui-ci c’est inspiré non pas des contes de fée mais des romans-feuilleton de la Belle époque de même que des récits de merveilleux scientifique par Jules Verne et HG Wells

Si cet aspect est diligemment restitué par le réalisateur Luc Besson  — tout comme les trognes grotesques de la galerie de personnages habitant l’œuvre de Tardi— il faut cependant reconnaitre que la version présentée de l’héroïne titulaire ne correspond pas vraiment celle de la BD. C’est que Besson l’aura vue comme une sorte d’Indiana Jones en jupon.

Avril et le monde truqué (dimanche le 16 aout) est l’autre film présenté à la Cinémathèque à porter la touche de Tardi. C’est un film d’animation présentant une uchronie steam-punk réimaginant le Second  Empire  jusqu’au vingtième siècle.

S’il n’a pas réalisé lui même ce film, Tardi l’aura coécrit et conçut son univers graphique. Conséquemment Avril restitue ainsi l’univers et l’esprit du dessinateur de façon plus authentique que l’adaptation filmique de Besson.

LE MERVEILLEUX QUÉBÉCOIS

Au-delà des films féeriques centrés sur des jeunes filles, Démons et Merveilles présente également deux films de merveilleux réalisé au Québec. D’abord Kalamazoo (lundi le 11 aout) écrit et réalisé par le plus imminent fabuliste du cinéma québécois André Forcier   Il raconte un conte d’amour fou autour d’un puceau de soixante ans et d’une sirène imaginaire.

Ensuite il y a L’Arracheuse de temps (mercredi le 13 aout) la seconde adaptions d‘un récit de Fred Pellerin  au cycle de la Cinémathèque après Esimésac

Cette fois-ci l’intrigue tourne autour d’une vieille conteuse qui se remémore des récits fantastiques de son village pour contrer la mort. 

LES AUTRES FILMS DE LA SEMAINE.

Céline et Julie vont en bateau, de Jacques Rivette, Max et les Maximonstres de même que  The Beastmaster un héroic fantay des années 80 sont les autres films présentés au cycle cette semaine.