MONONOKE THE MOVIE CHAPTER II ASHES OF RAGE,
En 2024, le grand fait saillant du Festival Fantasia parmi les longs métrages d’animation a été Mononoke The Movie Chapter I Phantom in The Rain un récit d’action/horreur axés sur des fantômes japonais et présenté dans un style visuel avant-gardiste éblouissant dérivé de l’art des estampes japonais. Le public fantasien embrassa le film qui rapporta le prix Satochi Kon pour meilleur film d’animation et le bronze aux prix du public. Acquis par Netflix, Mononoke à commencé à être diffusé sur la chaine en novembre 2024.

Fantasia 2025 aura présenté le second volet de ce qui s’avère être une trilogie annoncée : Mononoke II Ashes of Rage. Ce nouvel opus est une continuation directe du premier film avec la même sorte d’intrigue se déroulant dans le même lieu avec la même galerie de personnages et bien sûr le même style visuel.
Comme dans Phantom in the Rain, le récit de Ashes of Rage se déroule donc dans un grand harem princier au cours de la période Edo qui est à nouveau perturbée par des manifestations surnaturelles meurtrières. Cette fois ci les victimes sont réduites en cendres par des flammes qui éclatent spontanément. L’ étrange Apothicaire retourne sur les lieux pour chercher à les exorcisés mais les maitres du Harem lui mettent toujours des bâtons dans les roues. Comme lors de sa dernière intervention, il y a un mystère à éclaircir et une justice à être rendu car les manifestations surnaturelles trouvent leurs sources dans une terrible vengeance d’outre-tombe.
UN SPECTACLE AUSSI KALOIDOESCOPIQUE QUE PSYCHÉDÉLIQUE
Effets de mise en relief tri-dimensionnelle, emploi quasi systématique de motifs kaléidoscopique, décors somptueux, couleurs chatoyantes et ambiance psychédélique sont les caractéristiques du graphisme et de l’animation de Mononoke I et II qui sont magnifié encore davantage par une mise en scène et un montage aussi éclaté l’un l’autre.
Au-delà de son spectacle visuel, les films Mononoke reposent sur une intrigue complexe présentant les codes de conduite stricte régissant le harem ou se déroule l’intrigue et d’où découlent des cabales secrètes. Le tout est couronné par des manifestations surnaturelles et des rituels magiques aussi spectaculaires que faramineux
Le mélange magie, intrigue et graphisme, tous poussé au paroxysme, résulte en la création d’un véritable labyrinthe dantesque halluciné.
LA FRANCHISE MONONOKE ET LA CONTRIBUTION DE FORMES D’ARTS ANCIENS
La trilogie Mononoke est une continuation d’une série d’animation datant de 2007, elle-même le spin-off d’une autre série surnaturelle Japanese Classic Horror Mis à part l’art des estampes susmentionné, la franchise Mononoke empreinte également à la dramaturgie et de la scénographie de l’art théâtral Kakuki. Pendant des siècles, ces deux formes d’art ont été les principaux moyens de représenter les mononokes , les esprits vengeurs du folklore japonais.
Les série animés: Ayakashi et Mononoke


Au-delà du spectacle somptueux et envoutant qu’ils offrent, ce qui est fascinant avec les films Mononoke est que les techniques graphiques modernes et la technologie numérique sont utilisés pour créer un univers original, dynamique et foisonnant inspiré d’arts remontant à plusieurs siècles.
De plus, comme l’intrigue repose sur des codes sociaux et des croyances folkloriques des plus complexes les films Mononoke sont très révélateurs de la société, de la culture voire même de l’âme japonaise.
Galerie d’Ukiyo-e les estampes de la période Edo dont la franchise Mononoke dérive son esthétique.
UN HOMME-LOUP DANS UN HAREM DIVERSIFIÉ
Déjà familier avec l’univers Mononoko pour avoir vu Phantom in the Rain à Fantasia en 2024, j’ai trouvé Ashes of Rage moins éberluant et un peu plus compréhensible, mais tout aussi hallucinant.
Un aspect qui m’a encore plus frappé dans le second film que le premier est que même si le récit est supposé se dérouler au cours de la période Edo, la galerie de personnages peuplant le harem est multi-ethnique, constitué non seulement d’asiatiques, mais d’européens aux cheveux blonds et d’africains à la peau foncée ce qui est bizarre vu que le Japon de cette époque était complètement fermé à toute présence et influence étrangère. Mononoke semble reproduire la démarche également vue dans la série à costume Bridgerton où la haute société britannique est dépeinte comme étant diversifié. Quoi qu’il en soit les différences de teint de peau et de couleur de cheveux contribuent à la palette colorimétrique des films et à leurs ambiances surréelles/oniriques.

Le personnage de l’Apothicaire quant à lui en plus d’être un sorcier martial albinos a des crocs, des ongles en griffes et des oreilles pointues lui donnant un aspect bestial voir démoniaque qui n’est jamais expliqué et même commenté par les autres personnages du film.

Ces deux aspects ajoutent aux multiples fantaisies du film qui en font une des productions les plus fabuleuses au sein du cinéma d’animation japonais de ces dernières années.
Ashes of Rage est allé rejoindre Phantom of the Rain et la série TV d’origine sur la chaine Netflix dès le 14 Aout et les deux films sont hautement recommandé pour tous ceux qui veulent connaitre des expériences visuelles et narratives assez extrêmes.
Lien : Watch Monoke sur le Site Netflix :
L’eau était l’élément primordial représenté dans Phantom in the Rain, le feu dans Ashes of Rage, que nous réserve alors le troisième volet dont le titre anglais est Snake God : Dieu serpent. Celuici est annoncé pour une sortie au Japon le printemps prochain, le festival Fantasia et Netflix devrait suivre au cours de l’été 2026.

Cote: ****
TUER ET REVIVRE À RÉPÉTITION.

Le film d’animation All You Need Is Kill est l’adaptation d’un roman de science-fiction japonais combinant invasion extra-terrestre et boucle temporelle. Il a déjà été adapté une première fois à Hollywood avec Edge of Tomorrow mettant en vedette Tom Cruise et Emily Blunt. La nouvelle version animée inverse le point de vue présenté dans le roman d’origine (de même que dans Edge) et passe du protagoniste masculin au protagoniste féminin.


All You Need Is Kill a beaucoup de panache visuel et le récit en boucle est mené avec brio. Cela dit comme je suis un habitué à la fois des films d’invasion et des jeux temporels, le récit et sa gimmick m’auront semblé plutôt convenus et ne donne pas lieu à de grandes surprises. Quelques aspects du phénomène temporel et de l’invasion ne m’ont pas semblé bien clair non plus, à moins que je n’aie pas fait assez attention.
Produit par Studio 4 C, tout comme le long métrage ChaO également présenté à Fantasia cette année, le graphisme des personnages est différent de la norme japonaise et la conception des créatures extra-terrestres m’aura paru évoqué adéquatement l’horreur lovecraftien .
Cote : ***














