Titre Original chinois 鏢人: 風起大漠 Biāo rén: Fēng qǐ dàmò
Traduction du titre chinois : Garde du Corps : Tempète de sable dans le désert.
Titre anglais international : Blades of the Guardian : Les Lames du Gardien.
Ce wuxia-pian (film de chevalerie) est sorti en Chine et dans plusieurs salles en Amérique mardi dernier. C’est l’adaptation filmique d’une série BD manhua renommé Biao Ren qui a déjà fait l’objet d’une adaptation animée. Le récit se déroule au début du VI siècle sous la dynastie éphémère des Sui dans une région frontalière et désertique de l’empire Chinois.
Le film raconte les péripéties rocambolesques d’un chasseur de prime Dao Ma (Wu Jing ) qui accompagné d’un jeune enfant et d’une archère émérite (Chen Li-chu) doit escorter le chef d’une rébellion (Sun Yi-zhou) jusqu’à la capitale. Tous les coupe-gorges du pays se lancent donc à leurs trousses. De mystérieux épéistes traquent également Dao, mais pour des motifs personnels. Une lutte de pouvoir entre clans frontaliers complique encore davantage la mission de même que la rencontre providentielle avec un autre chasseur de prime (Yu Shi).
Blades of the Guardian a été réalisé par le cinéaste martial Yuen Woo-ping (Drunken Master, Iron Monkey, Tai Chi Master, Tigre et Dragon. The Matrix) à presque 80 ans ce qui s’avère un fabuleux film-somme de 100 millions de dollars. Le rôle principal est tenu par Wu Jing que Woo-ping a lui-même introduit au cinéma il y a presque trente ans avec Tai Chi Boxer alors qu’il n’était qu’un jeune champion wushu. La distribution du film compte également Tony Leung Kar Fai dans le rôle d’un chef de clan de même que la grande vedette martiale Jet Li dans son premier rôle d’action en 10 ans. Il joue un personnage secondaire, mais dans un savoureux contre-emploi il incarne un antagoniste. Le premier combat majeur du film est un duel époustouflant à deux contre un dans lequel Jet Li se bat contre Wu Jing et un autre acteur wu shu de haut niveau Max Zhang dans une rencontre au sommet qui constitue le premier morceau de bravoure du film
Des combats féroces et tourbillonnants
D’autres moments spécialement mémorables incluent une poursuite échevelée dans une tempête de sable, et un duel situé en plein milieu d’un marais de bitume qui s’embrase rapidement. Au total, le film compte plus d’une douzaine d’affrontements, de poursuites et d’embuscades mis en scène et chorégraphiés avec la virtuosité coutumière d’un film d’action de Woo-ping avec emphase sur l’apprêté féroce des combats. Le wire-fu, de même que les effets spéciaux CGI et incrustation sont amplement utilisés pour magnifier les mouvements de haute voltige, de même que les décors, mais leurs emplois restent tout à fait transparent et c’est l’athlétisme martial de même que la complexité des chorégraphies qui reste la pierre angulaire de l’action. La synthèse entre vieilles techniques et nouvelle technologie est dans ce film tout à fait au point.
Une Galerie de personnages mémorable mais sous-exploités.

Cela dit, l’emphase de Blades of the Guardians sur l’action se fait au détriment de bien des personnages qui sont pour la plupart sous-exploités. C’est assez dommage vu que presque chacun d’eux a un look mémorable et sont très bien campés par les acteurs. Néanmoins, plusieurs ont quand même droit à leurs petits moments distincts. Blades étant l’adaptation d’une bande-dessinée très connue du public chinois, les scénaristes du film ont estimé qu’il n’était pas nécessaire de trop s’attarder sur les personnages secondaires. Les enjeux tournant autour de Dao Ma le chasseur de prime et l’archère qui l’accompagne sont par contre très bien restitués. Wu Jing excelle a présenter un héros qui sous des dehors cyniques et nonchalants est d’un courage et d’une loyauté à toute épreuve.
Bien que le nombre élevé de personnages peuvent rendre une pleine compréhension des tenants et aboutissements de l’intrigue quelque peu laborieuse par moment, le scénario est assez bien construit pour assurer un sens de fluidité et de continuité dans l’ensemble du récit. Cela élève le film au-delà du simple étalage d’action. Comme Blades est l’adaptation d’un Manhua, il aura très grandement bénéficié de tous les dessins disponibles comme référence pour visualiser en vraie tant les décors et les personnages que le type d’action, comme avec des story-boards. Autres facteurs bonifiant : l’emploi prévalant de l’humour et le superbe décor du désert qui donne une qualité iconique monumentale au film proche de celle que l’on retrouve dans de nombreux westerns en particulier ceux tournés dans la célèbre Monument Valley.
Blades se clôt avec une fin ouverte qui invite à une suite potentielle. Puisque la série manhua est encore en cours, il y a encore beaucoup d’histoires et d’action à couvrir. Yuen Woo-ping fait lui-même une apparition surprise avec deux autres comparses Zhang Xinyan le réalisateur du classique Shaolin Temple et L’entraineur wushu Wu Bin qui aura formé Jet Li, Jacky Wu et Donnie Yen. En faisant Blades of Guardians, Yuen Woo-ping avait pour but avoué de chercher à relancer le genre wuxia. On peut dire qu’il aura atteint son but avec superbe. Salutation au Maitre.

Côté niveau Action 10. Film dans son ensemble 7.5
Diaporama de Biao Ren la série manhua suivit d’images de la série animée.
Bande annonce de la série animé.
Toute la série Biao Ren est disponible sur Youtube avec des sous-titres.
Lien pour une entrevue en anglais avec Yuen Woo Ping sur Blades of the Guardians.

Horaire pour Blades of the Guardiens au cinéma Forum de Montréal`. le seul lieu ou le film est présenté au Québec. Il va probablement rester en salle jusqu’à la fin de semaine prochaine. (Date limite présumée 1 ou 2 mars).























