Depuis 2021 la famille Adams (père John, conjointe Toby Poser, leurs filles Zelda et Lulu) a épaté les spectateurs de Fantasia avec leurs petits films d’effroi traitant d’une façon subtile et dérangeante des récits de fantômes (The Deeper you Dig)  de sorcières (Hellbender)   et de diable (Where the Devil Roams) Pour 2024, la famille a bénéficié du soutien financier de la chaine payante Shudder pour produire un type de films impossible à faire pour eux jusque-là : celui de « créature » avec Hell Hole (Trou d’enfer)  

 Dans un coin perdu de la Serbie une équipe de forage déterre quelque chose qui n’aura pas dû et font face à une forme bien particulière de mollusque capable de pénétrer les corps humains

Typiquement pour un film de créature Hell Hole présente quantité de tentacules, des corps qui explosent et une limace gluante. On a même droit à une « naissance » hors du commun lorsqu’un corps est extrais de la terre. Tout aussi crucial est  l’humour à la fois truculent et pince-sans-rire. Le film présente en effet beaucoup de trous de cul mais pas justes des orifices anatomiques car il y a également quantité de personnages mal embouchés.   

Deux des trois scénaristes étant des femmes cela expliqueraient que le film ait une perspective sur l’horreur tant biologique qu’écologique un peu plus réfléchie (« woke ») que la norme. Il y a par exemple une emphase particulière sur la biologie de reproduction et un rapprochement implicite entre le viol des corps et le creusage de la terre a des fins d’exploitation. À une époque ou l’enjeu de l’autonomie du corps des  femmes et la qualité de l’environnement prennent de plus en plus d’importance, le traitement d’Hell Hole sur ses sujets est plus que pertinent.   

À l’origine le film devait ce dérouler en Alberta puis il été transposer en Serbie. Le tournage a eu lieu sur le site d’une ancienne mine désaffecté datant de l’ère soviétique qui est délabré et sinistre à souhait. Venu présenté leurs films en personne à Fantasia, John et Toby ont expliqué que tourner en Serbie a eu un autre effet bénéfique. Ils se sont en effets inspirés de leurs interactions avec l’équipe et les acteurs locaux pour corser les relations entre les personnages et le truffer d’humour. C’est ainsi que les patrons américains, les ouvriers serbes et les scientifiques slovènes ont une compréhension des évènements auxquels ils font face qui ne sont pas la même et agissent en conséquence, cela donnent lieu des retournements particulièrement tordus.    

Bien que  peut-être un peu  trop verbeux par moment, pas vraiment effrayant malgré quelques instants saisissants et que le dénouement soit balancé de façon trop précipitée, Hell Hole est plus qu’adéquatement accrocheur. C’est un essai initial assez convaincant pour la famille Adams pour une forme  d’horreur disions plus terre à terre. En prime le film se termine sur une image finale qui pour le genre de l’effroi biologique  est une véritable cerise sur le gâteau subversive.

Un court métrage des Adams intituler Plastic Smiles a également été présenté avant Hell Hole produit dans une cadre d’une nouvelle série d’anthologies Tales from the Void. C’est un récit d’effroi plus typique des Adam avec une famille névrosée, une poupée sinistre et une petite fille avec beaucoup (trop) d’imagination qui se promène dans un boisé verdoyant.

Le court métrage cultive adroitement une ambiance glauque avec quelques petites touches d’effroi aussi parcimonieuses qu’efficaces et un punch final qui bien que ne tenant pas la route des qu’on y réfléchie fournit un quand même un gut punch douloureux.