Mit en scène par Stanley Tong.
A Legend est le neuvième film de Jackie Chan mit en scène par Stanley Tong le réalisateur avec qui il a fait le plus de films dans sa carrière. Legend reprend la même prémisse que celle de The Myth une collaboration entre Chan et Tong datant de 2005. Dans les deux films, Jackie incarne un archéologue ayant des visions d’une vie antérieur en tant que général d’une armée chinoise vers 200 ans avant JC. Les films alternent donc entre deux récits l’un contemporain ou se déroule une chasse au trésor l’autre historique tournant autour d’une tragique intrigue amoureuse.
Toutefois, dans Legend la partie historique occupe bien davantage de place que celui se déroulant à l’époque contemporaine et totalise les ¾ de sa durée. De plus contrairement à ce qui se déroule dans le Myth qui voyait le personnage de Jackie connaitre toute sorte de péripéties rocambolesques entre la Chine et l’Inde, ce n’est que dans la dernière partie de Legend que la chasse au trésor est vraiment entamée.
L’alternance passé/présent plombe le rythme du film, mais ce n’est qu’un problème mineur comparé à l’emploi calamiteux de la technologie Deepfake pour greffer le visage de Jackie sur le corps plus fringant d’une doublure dans la période historique. Si les traits de la vedette sont fidèlement reproduits, l’expressivité est limitée. Jackie n’apparait en chair et en os que dans les parties contemporaines du film qui ne totalise que 25 min.
Legend fait également dans la leçon d’histoire douteuse en opposant de nobles cavaliers chinois contre d’affreux pillards Huns avec une dame d’épée prit entre les deux un personnage incarné par l’actrice Ouïgour Gülnezer Bextiyar. La partie historique du film relate en fait un fait réel : la campagne militaire de la cavalerie chinoise dans un territoire qui sera éventuellement annexé. C’est cette invasion remontant à l’antiquité qui sert de nos jours de justification historique à la Chine pour sa mainmise du territoire du Xinjiang dite justification qui est implicitement énoncée dans Legend avec quelques slogans patriotiques pompeux. Pareille démarche laisse une arrière-gout amers quand on considère l’endoctrinassions forcé que les Ouïgours connaissent aujourd’hui dans des camps de rééducation. Gülnezer Bextiyar elle-même doit être une icône de minorité modèle : c’est-à-dire dument assimilée, patriote et ayant un bon nom chinois : Guli Na Zha. Si elle est vraiment appréciée par les Ouïgours, eux-mêmes est une autre question.
En dépit de ces grosses lacunes, Legend n’est pas sans d’importantes qualités. La cinématographie, les décors naturels et les costumes sont de toute beauté et le film présente des scènes d’action d’excellentes tenues. La partie historique du film présente ainsi une bataille de cavalerie pleine de morceaux de bravoure avec notamment des chevaux entrainés aux combats. La séquence d’action la plus mémorable est le duel de la dame d’épée contre des guerriers Huns. Elle est armée d’une épée au manche de jade et fait quantité de passe d’armes tenant de la haute voltige. Aucune séquence d’action de la partie historique ne sont réémincent du style d’action habituel de Jackie Chan. Ce n’est de la partie contemporaine qu’on voit enfin une bagarre à la Jackie dans une vaste grotte. Elle est de bien faite étant donné que l’acteur a maintenant 70 ans, mais assez générique.
Malgré quelques bons moments et une production de bonne qualité; A Legend comment des erreurs cruciales qui vont accentuer encore davantage de désabusement envers Jackie Chan. Ironiquement il y a trente ans de c’est Stanley Tong qui avait réalisé les deux films ayant finalement imposé Jackie en Amérique; Rumble in The Bronx et Supercop en le présentant comme la vedette d’action la plus authentique qui soit parce que faisant ses propres cascades. Or voilà que dans Legend il apparait en visage figé plaqué sur une doublure anonyme. D’ailleurs les publics chinois n’a guère gouté l’artifice du deepfake boudant le film lors de sa sortie en Chine. Il ne faudra pas s’attendre à de meilleur résultat lorsque le film sortira en Occident.













