Un détective vit avec sa famille dans un monde dystopique où toute la population porte un implant cérébral la reliant à un IA qui contrôle presque chaque aspect de leur existence. Enquêtant sur un meurtre commis dans une communauté de réfugiés aux croyances rebelles et archaïques, il rencontre une mystérieuse cyber-sorcière dont les pouvoirs semblent pouvoir neutraliser l’emprise de l’implant. Peu à peu, le système de contrôle IA se dérègle, provoquant des blackouts, des hallucinations collectives et quantité de morts. Mais la sorcière est-elle réellement responsable?
Hot Spot est un film d’Agnieszka Smoczyńska, dont le premier long métrage, The Lure, un film de sirènes, avait fait sensation à sa sortie il y a une dizaine d’années, notamment à Fantasia. Avec Hot Spot, la cinéaste s’aventure dans ce qui semble d’abord être un thriller cyberpunk dystopique centré sur un personnage d’enquêteur comme dans Blade Runner.


Toutefois, Hot Spot relève finalement moins du thriller que de la fable allégorique, traversée de séquences hallucinatoires insolites souvent envoûtantes. Si l’univers dystopique est habilement présenté visuellement et que sa prémisse intrigue dans le premier tiers du film, la stylisation subséquente du récit avec ses séquences de visions, d’hallucinations et de rave party finit par nuire à sa lisibilité narrative. Certains détails insolites (comme un personnage aux oreilles pointus d’elfe) sont même laissés entièrement sans explication.
À cela s’ajoutent les dialogues en anglais, souvent difficiles à saisir en raison de la diversité des accents des acteurs — polonais, suédois, japonais —, ce qui rend l’intrigue progressivement plus déconcertante, confuse voire aliénante. Bien que Naomi Rapace sait tirer son épingle du jeu avec son mystérieux personnage de cyber-sorcière, le polonais Andrzej Konopka avec sa coupe frisée blonde et son habillement bigarré, présentent l’un des détective les plus bizarre qui soit.



Si le dénouement laisse entrevoir l’allégorie centrale du film — le dérèglement parallèle d’un système et d’une famille —, celle-ci se devine davantage qu’elle ne se comprend pleinement. Un second visionnage (avec sous-titres de préférence) pourrait peut-être aider à en saisir des nuances mais à la condition qu’un spectateur ait trouvé que les mystères, le récit nébuleux et les personnages du film justifient vraiment pareille effort.
Qu’il soit perçu comme un conte dystopique halluciné ou un mindfuck, confus, maladroit et prétentieux, Hot Spot n’en constitue pas moins une expérience unique en son genre, tout comme The Lure il y a dix ans de cela.
Cote **0

