Bullitt est un thriller policier passé à la postérité grâce à sa poursuite automobile dans les rues de San Francisco, devenue l’une des plus célèbres et influentes de l’histoire du cinéma. Il en vedette Steve McQueen une grande vedette américaine des années soixante/soixante dix surnommé le King of Cool le roi du cool pour son charisme nonchalant.
En raison de sa scène de poursuite automobile emblématique et de son titre on pourrait croire que Bullitt mise surtout sur les fusillades et les bolides, comme une sorte de Fast and Furious des années 1960.
Or, le film relève d’abord du genre du Police procedual l’enquête policière, traitée avec un réalisme et une précision remarquablement novateurs pour l’époque. Il suit un lieutenant Frank Bullit chargé d’élucider l’attentat contre le témoin clé d’une enquête visant une puissante organisation criminelle.
Bande-annonce originale :
Bande-annonce moderne
McQueen, le roi du cool (The King of Cool)
Dans les années 1960, une nouvelle génération de vedettes masculines au charisme à la fois viril et décontracté s’impose, parmi lesquelles on retrouve Sean Connery, James Coburn, Clint Eastwood et Steve McQueen. Ce dernier se démarque par une image de rebelle casse-cou, obstiné et indépendant. Il incarne alors fréquemment des antihéros — brigands, bagnards ou marginaux —, ce qui fait de lui l’une des figures marquantes de la contre-culture dans le cinéma américain des années 1960 et 1970. Le rôle d’un officier de police est donc assez inusité pour lui, même si son affrontement avec un procureur fédéral prolonge son image de personnage réfractaire à l’autorité. À ce stade de sa carrière, McQueen aura cherché aussi à raffiner son image publique d’ou rôle de policier et il fonde même sa propre compagnie de production la Solar.
King of Cool Diaporama
Un policier qui observe et réfléchit
En plaçant une enquête policière au cœur du récit, avec une approche minutieuse et réaliste, Bullitt présente un héros plus attentif à observer et à raisonner qu’à se battre. Le film ne compte que trois scènes d’action, toutes des poursuites, dont la célèbre course automobile. Tourné presque entièrement à San Francisco, dans les rues et les immeubles plutôt qu’en studio, il adopte un style visuel neuf qui marque une étape importante dans l’évolution du thriller urbain et du Nouveau d’Hollywood alors en plein développement.
Une poursuite bondissante
Ce lien mène à un article louant les qualités de la poursuite automobile de Bullitt, souvent considérée comme l’une des meilleures jamais filmées. Tournée dans les rues en pente de San Francisco, à des vitesses pouvant atteindre 140 km/h, la scène dure environ dix minutes, une longueur exceptionnelle pour l’époque. Elle alterne plans extérieurs, gros plans sur les visages des conducteurs et vues subjectives depuis les véhicules en mouvement, ce qui renforce son intensité immersive, d’autant que la majeure partie de la poursuite se déroule sans trame musicale, sauf au début et à la fin. La poursuite est la première a exploiter pleinement le décors de San Francisco et fit de la Ford Mustang conduite par Bullit un véhicule iconique.
À noter que la scène de poursuite ne figurait pas dans la première version du scénario : elle a été ajoutée afin d’insuffler au film une bonne dose d’adrénaline. Un choix comparable sera fait plus tard avec la poursuite devenue célèbre de The French Connection.
Yates et Schifrin
Bullitt doit beaucoup à deux figures clés. D’abord le réalisateur Peter Yates, dont la mise en scène fluide, précise et attentive aux détails met très bien en valeur la vedette, l’intrigue et les décors. Ensuite compositeur Lalo Schifrin, qui apporte au film une trame jazzy élégante et évocatrice.

Bullitt marque les débuts américains de Peter Yates, jusque-là actif en Grande-Bretagne. Après avoir vu Robbery, un film de cambriolage comportant déjà une poursuite automobile mémorable, Steve McQueen choisit de lui confier la réalisation. Le pari s’avère gagnant : le film remporte un grand succès à sa sortie, est devenu le film préféré de McQueen et est depuis longtemps considéré comme grand un classique du genre.
Yates n’est pas le seul cinéaste britannique à s’être imposer dans le thriller urbain américain dans les années 1960. John Boorman aura lui-aussi aussi contribué à son renouvellement avec Point Blank , également présenté au Cycle Action le 8 juillet.
Diaporama derrière la caméra.
Bullitt reste particulièrement intéressant à revoir aujourd’hui, à une époque où le cinéma d’action privilégie souvent le spectacle numérique et les vedettes très démonstratives. Porté par une intrigue policière sobre et un protagoniste déterminé, le film montre qu’une mise en scène retenue peut être d’une grande efficacité. Il est aussi rafraîchissant d’y voir un policier loin de la figure du justicier forcené àla dégaine facile genre Dirty Harry McQueen ne tire d’ailleurs qu’a une seule occasion, lors du dénouement.
En juillet et en août, le Cycle Action présentera deux autres films avec McQueen : Le Mans, où l’acteur exprime pleinement sa passion pour la course automobile, et The Magnificent Seven, qui a largement contribué à faire de lui une grande vedette.
Diaporama des affiches.



















