Le mois d’avril 2026 aura marqué le cinquantième anniversaire de la série The Eternals, écrite, dessinée et éditée par Jack Kirby en 1976. Avec ce titre, celui qui a été surnommé »le roi des comics » (King of comics ) aura créé un univers cosmo-mythologique fabuleux ou des dieux de l’Espace marchent sur la Terre et où l’humanité partagent la planète tant avec des surhommes immortels que des mutants difformes.




En créant une série combinant mythes, superhéros et ufologie et en l’animant avec toute la fougue et la verve dont il était capable Jack Kirby aura su créer avec The Eternals une œuvre des plus éblouissante autant baroque que psychédélique, où sublime et grotesque se côtoient.
Pour commémorer le jubilé de la série, l’article qui suit va en faire un survol et présenter sa genèse, son univers et ces personnages avec une riche galerie d’illustrations. Le but désiré est de faire découvrir une des œuvres emblématiques de l’art et des thèmes d’un des artistes les plus influents et respecté de la bande dessinée américaine.

UNE INTRODUCTION PRÉALABLE À JACK KIRBY ET À ÉTERNALS
Jack Kirby est un artiste illustrateur qui au côté de l’éditeur/scénariste Stan Lee aura renouvelé le comics de superhéros au début des années 60. Les Fantastic Four, Thor, Captain America, Avengers et X Men sont les principaux titres auquel il aura contribué posant les bases de l’Univers touffu et interconnecté des Marvel Comics.

En 1970, Kirby créa la Saga du Quatrième Monde (The Fourth World) pour DC Comics non seulement comme dessinateur, mais également scénariste. C’était une épopée cosmique étalée sur quatre titres ou plusieurs groupes de héros s’opposaient à tyran tout puissant (l’iconique Darkseid) . Considéré comme l’œuvre maitresse de Kirby, The Fourth World était la série comics la plus ambitieuse de son temps et témoignait de l’imagination visionnaire de son auteur tant au niveau visuel que thématique. Malheureusement, la saga fit long feu avec tous ces titres annulés à plus ou moins brève échéance. Fourth World aura toutefois influencé George Lucas dans la conception de La Guerre des Étoiles et reste une des œuvres graphiques marquante de l’époque.

Eternals est le deuxième essai de Kirby pour créer une série cosmo-mythologique d’envergure, cette fois pour Marvel Comics en 1976. Considérée comme du grand art « kirbyesque » pour ses dessins spectaculaires souvent présentés en pleines ou doubles pages, la série a été toutefois critiquée pour une narration au rythme inégal, des dialogues guindés et des protagonistes d’intérêt variable.
Avec les Eternals, Kirby aura cherché moins à raconter une histoire qu’à créer un monde fabuleux issu de son imagination et axé tant sur le spectacle pur qu’aux révélations prodigieuses. Cela explique les manques narratifs de la série, mais qui sont compensés par la puissance grandiloquente des dessins et l’originalité des concepts.
Les lecteurs qui ne sont pas familiers avec les Eternals et Jack Kirby sont invités à consulter les articles publiés sur eux dans le site encyclopédique Wikipédia. La section analyse de l’œuvre de Kirby est particulièrement intéressante pour se faire la meilleure idée, des thèmes de ce brillant artiste pour apprécier à sa juste valeur ce qu’il a cherché à créer sa série.

Toutefois, les rubriques de Wikipédia ont la lacune d’avoir très peu d’images pour illustrer les textes et traitent leurs sujets de manière globale avec seulement quelques phrases spécifiques dédiées à la série de 1976. Ce présent article au contraire est pourvu d’une succession tant de de galeries que de diaporamas et reste centré en tout temps sur la série de Kirby.
Les Eternals ayant fait l’objet d’un film en 2021, cet article peut permettre également de voir les différences entre cette adaptation et la version initiale telle qu’imaginée par Kirby.
Chacune des illustrations organisées en galeries peuvent être agrandie en cliquant dessus permettant de voir les images dans leurs intégralité.
PRÉMISSE D’ÉTERNALS
Le slogan au-dessus du titre sur la page couverture donne une idée dès le départ de la portée épique de la série; When The Gods walk the Earth ; Quand les dieux marchent sur la Terre.

Dans un passé lointain, des explorateurs extraterrestres géants appelés les Célestes sont venus sur Terre et ont capturé des hominidés primitifs à partir desquels ils ont créé trois races distinctes incluant celle des humains. Le retour des Célestes à l’époque contemporaine entraine la révélation pour l’humanité que non seulement elle n’est pas seule dans l’Univers, mais qu’elle partage la Terre avec deux autres races très puissantes. L’une consiste en des demi-dieux immortels : les Éternels alors que l’autre, les Déviants, sont de mutants grotesques et belliqueux.
INTRIGUES ET PÉRIPÉTIES DANS ETERNALS
Les tout premiers numéros d’Éternals présentent le retour des Célestes sur Terre, venus pour évaluer la valeur de leurs créations et juger de leurs droits à exister. Ces visiteurs cosmiques sont dépeints comme des énigmatiques titans de plus de 600 mètres soient presque deux fois la hauteur de la tour Eiffel.
La série décrit ensuite les machinations hostiles des Déviants, la surprise des humains face à l’existence des Célestes et des deux races cachées, ainsi que les efforts des Éternels pour résoudre les conflits et favoriser la communication. Ces intrigues introduisent certains aspects de la civilisation des Déviants et des Éternels de même que de nouveaux mystères autour des Célestes. Eternals progresse ainsi en une épopée collective peuplée d’une galerie de personnages fabuleux , passant d’une intrigue à une autre, chacune d’elle présentant de nouvelles révélations.
Le diaporama ci-dessous présente une sélection des pages couvertures donnant une idée des nombreuses péripéties de la séries.
LES ETERNALS UN MONDE SANS LES MERVEILLES DES COMICS MARVEL
Lorsque Jack Kirby entama The Eternals c’était avec l’idée bien arrêtée que sa nouvelle création se déroulerait en dehors de l’univers des comics Marvel. Il voulait travailler sur un canevas totalement blanc pour créer son monde à lui où la présence de surhommes volants, de dieux cosmiques et de mutants grotesques serait tout à fait nouveau pour les humains ordinaires. Il cherchait à susciter un sens du merveilleux qui était impossible dans l’Univers Marvel conventionnel avec des figures comme Thor, les Fantastic Four et les X Men et ou une invasion extra-terrestre survenait plusieurs fois par année.
La série Eternals allait donc à l’encontre du principe bien établie que tout les comics Marvel présentant des super-héros de même que toute sorte d’êtres surhumains faisait partie d’un même monde interconnecté. C’est ainsi que Spider Man aura pu croisé au cours de ses aventures Dracula ou encore Red Sonja et que Shang Chi le maitre du Kung-fu aura eu un face à face avec le Monstrueux Man Thing.

Cette absence aura suscité bien des reproches de la part de quantité de lecteurs, mais Kirby y tenait beaucoup et fit d’Éternals sa série la plus singulière chez les Comics Marvel. Éventuellement Kirby comprit ou se fit dire que The Eternals se vendrait mieux si une connexion était créée. Néanmoins, les concessions qu’il fit alors dans les dernière pages du n° 6 de la série ont consisté en quelques références ambiguës ne compromettant pas vraiment l’idée que Eternals faisait partie de son propre univers. L’une est une mention de SHIELD l’organisation d’espionnage de l‘Univers Marvel, l’autre est un personnage qui se fait donner la tête de The Thing l’un des Fantastic Four. Plus tard dans la série, une des figures iconiques de l’Univers Marvel semble venir affronter les Eternels mais là encore Kirby a recours à une astuce équivoque.
LA MYTHOLOGIE COSMIQUE D’ÉTERNALS.
Les Éternels.
Fasciné par les mythologies et les notions de divinités, Jack Kirby aura dépeint quantité de dieux marchant parmi les hommes à commencer par le superhéros Thor. Dans Eternals, les protagonistes ne sont techniquement pas des dieux au sens divin, mais des humains immortels dotés de pouvoirs a la fois physique et mentaux . Bien qu’ils aient surtout vécu à l’écart du reste de l’humanité ou caché en son sein, leurs interactions occasionnelles a donné lieu à la naissance des légendes de dieux et de héros. La plupart des Eternels de la série sont calqués sur les figures du panthéon grec : Zeus, Athéna, Circé etc., bien qu’il y ait des références occasionnelles à d’autres mythologies.

Éternels et Déviants sont des ennemis héréditaires depuis la nuit des temps. Ils sont des antithèses l’un de l’autres mais ont quelques points communs; notamment celui d’être des races vivant caché des humains et faisant usage de technologie avancée. Quand ils ne sont pas en conflit avec les Déviants, Les Éternels passent leurs temps à la méditation, au développement d’habilités avancées et à poursuivre des hobbies personnels.


Le retour des Célestes et la découverte des races cachés par les humains met fin a un long statue-quo et la Terre et ces habitants ce retrouve dans une situations de plus en plus instable et inquiétante.
Les Célestes.
Alors que Les Éternels sont inspirés de dieux grecs, les énigmatiques et imposant Célestes ont des noms à consonance hébraïque ou mésopotamienne : Arshim, Jemiah, Nezzar, etc. L’impression d’omnipotence et de mystère qui entoure leur présence évoque l’aura toute puissante de Yahvé le dieu unique de l’Ancien Testament.

Bien que communément appelé »space gods » -dieux de l’Espace, tant par les Éternels que les Déviants, les Célestes ne sont pas eux non plus de nature divine. En fait, ils ont plusieurs attributs qui fait plus songer à des astronautes en mission scientifique. Leurs modes d’opérer fait songer par exemple aux missions Apollo de la Nasa avec un véhicule orbital déposant une équipe d’explorateurs sur un lieu de recherche. L’apparence des Célestes, celle de géant vêtu d’une armature de métal souvent équipé d’appareils portatifs, fait songer à celle de scaphandres lunaire.



Les Déviants
Les Déviants sont les affreux de service de la série. Ils sont le contraire absolu des Éternels : laid, cruel, mesquin, violent et fourbe. Ils vouent une haine absolue tant au Célestes qu’aux Éternels et méprisent les humains. Alors que Les Éternels sont inspiré pour la plupart de la mythologie greco-romaine, les Déviants évoquent quant à eux les figures des trolls et des nains des légendes scandinaves. Dans la série, les Déviants ont utilisé leur apparence et leur férocité pour propager la croyance au Diable et à toute sorte de démons.
Au dela d’un manichéisme aussi primaire que caricatural, Kirby aura quand même donné à ces antagonistes une aura tragique. C’est qu’après tout les Déviants sont un peuple qui doit vivre avec une terrible hérédité, leurs gènes étant des plus instable et volatile d’où leurs apparences grotesques. Leurs rages et leurs haines sont celles de damnées victimes d’une fatalité aussi cruelle qu’injuste comme on en retrouve souvent dans l’œuvre de Shakespeare avec des personnages iconiques comme Shylock, Caliban et Richard III.
INFLUENCES ET EMPRUNTS.
La prémisse que des visiteurs extra-terrestres auraient visité la Terre dans des temps anciens et influencé l’humanité apparait des les premiers romans de merveilleux scientifique à la fin du XIX siècle. Le site wikipedia anglais fournit une imposante liste de titres et d’auteurs qui est probablement loin d’être complète. Toutefois, c’est le film mythique 2001 A Space Odyssey sorti en 1968 qui va marqué l’imagination populaire avec son mystérieux monolithe noir capable de faire évoluer les singes. La fin des années soixante voit l’idée des anciens visiteurs se diffuser tant à la télévision que dans les bandes dessinées incluant même une aventure de Tintin: Vol 714 Pour Sydney.
Kirby avait lui-même déjà utilisé l’idée d’une race cachée crée par des extra-terrestres dès 1967 pour établir l’origine des Inhumains un groupe de surhumains faisant des apparitions récurrentes dans Fantastic Four. On peut considérer ceux-ci comme les précurseurs des Eternels avec qui ils partagent quantités de points communs.
Cela dit, l’étincelle qui aura amener Kirby à la création d’Éternals ne se trouve pas dans une œuvre de fiction mais dans un ouvrage pseudo-scientifique: Chariots of the Gods aka Présence extra-terrestre de l’écrivain Suisse Erich von Däniken. Le livre développe la théorie des anciens astronautes en utilisant quantité de sites et d’artéfacts spécifiques pour étayer sa thèse comme les Pyramides de Giza et de l’Amérique mésolithique, les géoglyphes de Nasca, le monument mégalithique de Stonehenge de même que quantité de peintures rupestres ou de gravures aux significations mystérieuses et équivoques (voir diapo ci-dessous). Kirby s’inspira des exemples cités non seulement pour développer son intrigue, mais également pour concevoir le design de certains lieux de même que des extra-terrestres eux-mêmes (voir seconde diapo).
En fait, on pourrait décrire Eternals comme une forme de synthèse entre les idées de Chariots et l’intérêt marqué de Kirby tant pour la science fiction que la mythologie qu’il avait amplement étayé durant sa période Marvel comics puis Fourth World.
Eternals fait également référence à d’autres sortes de mystères ayant captivé l’imagination populaire au cours des années 60-70 tels les ovnis, le Triangle des Bermudes et le continent englouti de l’Atlandide.
Cela dit, si l’idée que des visiteurs de l’espace ayant influencé le développement des anciens humains n’était pas nouvelle au moment où Kirby commença Eternals, il poussa le concept beaucoup plus loin que quiconque avant lui en faisant des extra-terrestres les créateurs mêmes de l’humanité à travers des expériences génétiques. Mieux encore, ceux-ci viennent examiner leurs créations pour l’évaluer et juger de son droit de continuer à exister. Éternels et Déviants vont chercher chacun à leur manière à intervenir dans ce processus.
GALERIE DES PERSONNAGES PRINCIPAUX.
Chaque nom dans l’entête renvoi a la rubrique Wikipédia du personnage avec une biographie complète et une liste de pouvoirs. L’article sera en anglais si une version française n’existe pas.
LES ETERNELS.
Si l’éternel Ikaris est initialement le protagoniste central dans les premiers numéros, sa proéminence se relativise quelque peu au fur et à mesure que la série progresse et que d’autres Éternels entrent en scène, notamment la magicienne Sersi, la guerrière Thena et le père-souverain (all-father) Zuras.
IKARIS : LE GUERRIER . Eternals N° 1
Ikaris est le premier Éternals à apparaitre dans la série, dès la première page. Son nom est dérivé d’Icare (Icarus en anglais) le premier homme à voler. C’est un guerrier aguerri, un paladin toujours prêt a combattre les monstres et à protéger les innocents.
SERSI LA MAGICIENNE : Eternals N° 3
Sersi est Circé la magicienne qui jadis dans l’antiquité a transformé les marins d’Ulysse en porcs. C’est l’Éternels avec la plus forte personnalité et les pouvoirs les plus impressionnant car elle peut transformer la matière.
ZURAS LE PÊRE SOUVERAIN ET THEMA L’AMAZONE Eternals N° 5 .
AJAK L’ÉMISSAIRE Eternals N° 2 MAKKARI L’ÉCUYER Eternals N° 5
SPRITE : LE GARNEMENT Eternals N° 8. L’OUBLIÉ Éternals N° 13. DRUIG Éternals N° 9
Bien que vieux de plusieurs siècles, il est encore un gamin selon les standards des Éternels. Il aura inspiré Shakespeare pour le personnage de Puck — pour la pièce : Songe d’une nuit d’été. C’est le seul Éternel qui ne dérive pas de la mythologie Gréco-romaine.
L’UNIMIND : Eternals N° 12
L’Unimind est la fusion de l’essence tant physique que mentale des Eternels en une seule entité ayant l’apparence d’un cortex cérébral. Cette union de toute les âmes d’un peuple permet d’attendre un nouveau niveau de perception et de conscience. C’est un concept intriguant et donne lieu à quelques planches superbes.
KRO LE SEIGNEUR DE GUERRE DES DÉVIANTS . Eternals No 1
Dans les premiers numéros, Kro a le look et les dispositions d’un antagoniste des plus typique pour un comic-books: brutal et sans scrupules. Il prend même parfois l’apparence du Diable pour effrayer les humains.
Kirby oppose l’un contre l’autre les beaux et héroiques Eternals contre les laids et cruels Déviants. Il souscrit ainsi à l’un des plus vieux cliché du monde : celle où l’apparence physique reflète la valeur morale. Avec les deux personnages suivant il inverse cette convention.
KARKAS ET THE REJECT : Eternal N° : 8.
Tous deux appartiennent à la race des Déviants mais qui sont tout deux honnie par eux pour leurs apparences qui selon leurs standards est des plus monstrueuses. Karkas est en effet un géant peau rouge, au pattes griffés et à la tête démesuré alors que Reject à la beauté d’un humain ou pire encore d’un Éternels.
WHAM! ZZAAPP!!, CLANG!!, KRAK!! POW!! : ÉTERNALS UN MAELSTROM D’ACTION
Jack Kirby est célèbre à juste titre pour ses scènes d’action pleine d’énergie. Qu’il s’agisse d’explosions, de rayons désintégrateurs et de corps à corps, Eternals présente quantités de ces séquences qui sont juste aussi impressionnantes et iconiques que les splash pages de géants titanesques ou de décors immenses. La sélection de séquences ci-dessous le démontre amplement.




Parmi tous les affrontements de la série, ceux-ci dessous extraits du n° 9, se démarquent particulièrement par leur violence et leur intensité. Un spectaculaire morceaux d’anthologie d’action pure qui vaux bien la peine d’être présenté dans son intégralité dans un diaporama.
Les Eternals une épopée inachevée
En un peu d’un an et demi, Kirby posa les fondations et établit la charpentes d’un nouvel univers reposant sur le dilemme de la communication et de la confrontation. Dans la mythologie de la série, la période d’évaluation des Célestes devait durer 50 ans. Certes, Kirby n’envisageait certainement pas une histoire d’une telle longévité mais sans nul doute il avait encore bien des péripéties à raconter, et quantités de révélations à faire incluant la présentation de nouveaux personnages d’Éternels et de Déviants.
Malheureusement, pour Kirby l’aventures des Eternals se termina avec l’annulation subite de la série au n° 19. Malgré toutes les révélations offertes jusque là, l’univers présenté semblait encore être à peine esquissé.
La série telle que conçue par Kirby est donc devenue une œuvre inachevée, une épopée interrompue comme le fut la Saga du Fourth World quelques années plus tôt. On peut mesurer la perte pour la fiction fantastique en imaginant que J. R. R. Tolkien ait dû interrompre la rédaction du Seigneur des anneaux après le premier tome.
Malgré tout, Kirby a quant même eut l’opportunité d’écrire et dessiner une série totalisant 20 numéros (19 régulier plus un annuel de longueur double), totalisant plus de 367 planches incluant 20 couvertures, 24 pages pleines et 10 pages double. C’est amplement suffisant pour constituer une œuvre graphique substantielle. Bien qu’inachevée et inégale, Eternals demeure l’une des sagas les plus ambitieuses et les plus grandioses jamais réalisées par un seul artiste dans le monde des comics des années soixante-dix.

Avec l’annulation des Eternals Kirby passa à autre chose. Bien que sa vie créative était encore loin d’être terminée, il ne retrouva plus l’élan ou le désir de retourner à une saga aussi ambitieuse et complexe que Eternals qui est de nos jours considéré comme sa dernière œuvre majeure.
Cela dit, les éditeurs et scénaristes œuvrant pour Marvel Comics ont très vite pris conscience des possibilités de la nouvelle mythologie cosmique de Kirby et l’auront promptement incorporé à l’Univers Marvel. Comment ils ont procédé et comment Les Éternals ont été transformés par rapport à la vision d’origine de Kirby est toutefois une autre histoire.



Les Eternals dans le monde francophone [164]
En France, les Eternals ont été publiés à partir du magazine Strange no 93 de la maison d’édition Lug à la fin des années 70. Comme bien d’autres œuvres traduites de Kirby, celle-ci aura souffert de la censure menant à quantité de « corrections » avec des monstres gommés et des personnages redessinés. Éventuellement, Lubie préférera interrompre la série. Conséquemment, une dizaine de numéros restèrent donc inédits jusqu’en 2007, au moment de la publication d’une édition intégrale.

Au Québec, les Éternels, les Déviants et les Célestes sont connus par leurs apparitions dans la série Thor traduite et diffusée par les Éditions Héritage au tournant des années 80 entre les numéros 92/92 et 110-112.



La série Eternals a été éditée aux États-Unis en ouvrage omnibus de plus 350 pages en 2006 puis en deux volets en 2007.
Comme mentionné plus tôt, Les Eternals ont fait l’objet d’un film bien que les idées d’origine de Jack Kirby n’ont été restitués que de façon bien fragmentaire. Les Célestes ont fait de brèves apparitions anonymes dès Guardiens of the Galaxy I. Knowherse le général des Guardiens est la tête décapitée d’un Céleste. Deux Célestes font également un caméo éclair dans Thor: Love and Thunder.













































































































