Vieille de près de trois millénaires, le poème épique l’Odyssée compte, avec l’Iliade, parmi les plus anciens récits de la civilisation occidentale et l’un des textes fondateurs de sa littérature. Cette épopée a récemment été adaptée au cinéma par Christopher Nolan, avec Matt Damon dans le rôle d’Ulysse. Malgré une vive controverse entourant un choix dans le casting, le film a remporté un tel succès public et critique qu’il s’est imposé comme l’un des titres marquants de l’année.
Cette nouvelle œuvre s’ajoute à une poignée d’adaptations dont les plus notable sont un péplum des années 1950 avec Kirk Douglas, une mini-série des années 1990 avec Armand Assante, ainsi que The Return (2024), avec Ralph Fiennes qui ne présente que la dernière partie de l’épopée.

C’est toutefois L’Odissea une mini-série de la télévision italienne datant de 1968 qui peut-être considérée comme l’adaptation la plus complète et fidèle . Répartie en huit épisodes totalisant 446 minutes, elle a plus que deux fois la durée tant du film de Nolan que la mini série des années 90 et restitue presque intégralement l’œuvre antique.
Au-delà de sa longueur, l’Odissea se démarque par un grand souci d’authenticité historique. En effet plutôt que de présenter des décors et des costumes fastueux associés au genre du péplum, la mini-série aura privilégié des lieux naturels et des décors rustiques inspirés des palais de l’âge du bronze. La trame musicale contribue également à créer une ambiance à la fois surnaturelle et poétique tout à fait approprié à un récit situé dans un passé très lointain baignant dans les mythes.
Si l’Odissea a été produite par Dino De Laurentiis, déjà à l’origine de la version péplum de l’épopée avec Kirk Douglas, son véritable maître d’œuvre reste le cinéaste italien Franco Rossi, qui en a réalisé la plupart des épisodes. Bien qu’il s’agisse d’une production italienne, la série aura bénéficié d’une distribution pan-européenne réunissant des acteurs non seulement italiens mais également allemands, grecs, yougoslave, français et britanniques. L’Odissea a été tournée en Yougoslavie qui fait partie, comme la Grèce, de la péninsule balkanique et recrée avec justesse les paysages du nord-est de la Méditerranée.





L’épisode du Cyclope a été confié au cinéaste italien Mario Bava, figure-clé du cinéma de genre italien. Grâce à sa maîtrise des effets spéciaux et des éclairages ténébreux, il en a fait de sa contribution l’un des passages les plus marquants de la série. Le maquillage du Cyclope a été conçu par Carlo Rambaldi, qui a travaillé plus tard sur le remake de King Kong ainsi que sur les classiques Alien, Possession et E.T.


La séquence où Ulysse visite les Enfers a fait recourt aux trucages de double exposition, ce qui lui confère une ambiance hanté des plus convaincante. Plutôt que de montrer directement des créatures fantastiques ou monstrueuses, les passages des Sirènes de même que de Charybde et Scylla auront privilégié la création d’atmosphère et la suggestion.



Le lien Wikipédia de la mini-série fourni d’autres informations et décrit avec détail chaque épisodes.
J’ai découvert la mini-série encore enfant et j’en ai gardé une très bonne impression. Lorsque la version mini-série de L’Odyssée a été produit dans les années 90, un simple coup d’œil m’a fait renoncer à la regarder : son esthétique me semblait trop guindé et artificielle en comparaison avec mes réminiscences de la version de 1968 aussi floues et fragmentaires que ceux ci soient devenue après plus de vingt ans.
Ce n’est que dans les années 2000 que j’ai enfin put revoir l’Odissea et j’ai été heureux de constater qu’elle avait un pouvoir d’évocation et d’envoûtement à la hauteur de mes souvenirs. Je l’ai regardée de nouveau une douzaine d’années plus tard, et je la reverrais volontiers encore aujourd’hui.






La mini-série est facilement accessible sur YouTube en deux versions : l’une avec le doublage français, l’autre avec le doublage italien et des sous-titres anglais. En plus des dialogue les sous-titres de cette version contiennent parfois de courts passages informatifs, mais il faut les lire rapidement.
Je présente ci-dessous le premier épisode de la mini-série dans les deux versions accessible et qui est centrée sur les personnage de Télémaque et de Pénélope. Ulysse lui-même n’y apparait qu’a la toute fin.
Trois années après l’Odissea, Franco Rossi aura adapté le poème l’Énéide de Virgile en une mini-série en sept épisodes. Je ne l’ai jamais vue et ne fait donc pas partie de mes souvenirs nostalgiques. Une version française n’est pas non plus disponible sur YouTube. J’aimerais bien voir cette œuvre un de ces jours mais seulement après avoir revu une nouvelle fois l’Odissea.
Au-delà des nostalgiques qui ont découvert la mini-série dans leur jeunesse et souhaitent la revoir — comme moi —, L’Odissea s’adresse aussi bien aux lecteurs de l’œuvre poétique originale qu’à ceux qui, après avoir vu le film de Nolan, veulent découvrir une adaptation plus fidèle de l’épopée. Bien que longue et parfois verbeuse, la série se distingue tant par son élégance que l’impression d’authenticité qui s’en dégage. Divisée en huit épisodes d’environ 50 minutes, elle se prête autant à un visionnement par petites étapes qu’à des séances en rafale de deux ou trois heures, voire plus.
Cette rubrique a été rédigé en se basant sur mes souvenirs de la mini-série vue la dernière fois il y a une douzaine d’année. Je n’exclue pas écrire un nouveau texte encore plus détaillé lorsque je verrais l’Odissea à nouveau.
Annexe Spéciale.
