Deux lycéens croisent le chemin d’un mendiant crasseux qui affirment être un maitre martial cherchant des disciples. Comme il démontre des habilités fabuleuses les lycéens deviennent ses élèves sans se douter qu’ils vont mettre leurs vie en danger.
Un film martial fou fou fou.
Même si l’intrigue se situe dans le Taïwan contemporain, Kung-Fu s’inscrit pleinement dans l’imaginaire du wuxia, la fiction martiale chinoise, mais présentée sur un mode franchement facétieux voir même burlesque. Les effets spéciaux, omniprésents, donnent corps aux pouvoirs fantastiques des personnages comme les sauts en apesanteur et les palms powers et tirent la comédie vers une bouffonnerie tout à fait délirante. Par son esthétique proche de la bande dessinée, et sa parodie d’archétype héroïque, Kung-fu pourrait être adéquatement comparer à la BD Astérix ou la série TV Kaamelott.
Vu sous cet angle, Kung-Fu constitue un divertissement ludique plus qu’adéquat pour quiconque connaît un tant soit peu le cinéma martial chinois. Ceux qui sont familier avec des films culte comme Zu Warrior of the Magic Mountain et Bride With White Hair ou encore la série TV de marionnettes Pili pourront prendre un grand plaisir à reconnaitre de nombreux clins d’œil. Ceux qui connaisse et ont apprécié Kung-Fu Hustle de Stephen Chow pourrait également apprécie Kung-Fu tellement le mélange entre hommage parodique et spectacle bdesque/burlesque que l’on retrouve dans ces deux films sont similaire.
Un film soudainement schizophrène
Cela dit, Kung Fu bifurque dans sa seconde demi vers une direction plus déroutante, en adoptant un ton nettement plus sombre et violent. Un des protagonistes révèle ainsi une autre personnalité plus dangereuse et un nouveau personnage fait son entrée avec ses propres disciples, sans que sa personnalité ni ses motivations soient toujours clairement définies.
La trajectoire que prend le protagoniste au cœur de ce virage narratif rappelle celle que connait un des héros de Zu Warriors, au point qu’il est permis d’y voir une source d’inspiration. Quant à l’arrivée du nouveau personnage et à ses intentions, elle pourrait peut-être évoquer de façon oblique des conspirations secrètes survenue à Taiwan de même le traitement de malades mentaux dans des hôpitaux du pays. Cela demeure toutefois de l’ordre de la spéculation. Quoi qu’il en soit, si le film perd alors en clarté narrative, il gagne quand même en noirceur et en intensité dramatique.
Et puis même lorsque Kung-Fu semble déraillé sur le plan narratif, son tourbillon d’action wuxia conserve tout son délire et demeure visuellement éblouissant. Le spectateur peut perdre le fil des tenants et aboutissants de l’intrigue, mais le film continue de galvaniser par la force de ses images. C’est pourquoi il est recommandé à tout ceux qui connaissent le genre wuxia ou sont curieux de spectacle inédit.
Un film ou deux?
Fait assez curieux, YouTube propose deux bandes-annonces aux tons dramatiques très différents et présentant des galeries de personnages distinctes, à une exception près. Toutes deux annoncent la sortie du film à la même date. S’agit-il de deux productions différentes, ou Kung-Fu a-t-il été profondément repensé entre la première et la seconde bande-annonce? La confusion s’accentue encore lorsqu’on constate que la filmographie de son réalisateur, Giddens Ko, situe la production d’un film intituler Kung-Fu en 2015.
Cote ***.
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