Dix ans après avoir épaté le public de Fantasia avec un premier film de zombie Train to Busan, le cinéaste coréen Yeon Sang-ho revient avec un nouveau intitulé Colony. Si les zombies se déchaines d’abord dans un centre d’achat comme le classique culte Dawn of the Dead, il devient par la suite un Die Hard de morts-vivants en se déroulant dans une grande tour à bureau. Le film emprunte également à la franchise Resident Evil en ayant les zombies créés par un virus. Celui-ci est l’invention d’un savant fou dans un acte de bioterrorisme vengeur. Seule une petite bande de survivants sont en mesure de l’arrêter ou de favoriser son grand plan machiavélique en commettant des imprudences.
Dans Colony les zombies sont un peu différents de la norme due à leurs créations par un virus. Ils sont dotés d’une conscience collective (un hive mind en anglais. les liants tous ensemble. Cela les rend encore plus dangereux, mais également plus vulnérables. Les zombies sont également joués par des danseurs et des contorsionnistes ce qui leur donne une gestuelle saisissante tenant à la fois du fauve bondissant et du pantin désarticulé.


Comme c’est devenu plus fréquent dans le cinéma de genre contemporain (notamment la franchisse Resident Evil déjà mentionné), les personnages féminins se révèlent les plus courageux et prennent plus d’initiatives, tandis que les hommes, guidés par des choix plus intéressés, paye pour leurs mauvais choix. Colony marque le retour au cinéma de l’actrice Giana Jun après une absence de dix ans et elle crève toujours l’écran, tout comme Koo Kyo-Hwan qui joue le savant fou.


Si le concept des zombies télépathes fonctionne d’abord assez bien, il finit par être à une simple gimmick insuffisamment développée. Le film propose une bonne galerie de survivants, dont le nombre diminue au fil d’une intrigue ponctuée de morts la plupart particulièrement cruelles. Ces situations font ressortir l’humour noir typique du cinéma de zombies, mais également celle de Yeon Sang-ho, cinéaste qui dépeint typiquement l’humanité sous un angle peu flatteur. Les dernières péripéties gagnent en ampleur et créent un suspense particulièrement prenant.
Même si Colony exploite plusieurs idées prometteuses et relativement originales, il demeure au final assez convenu et dérivatif. Le film risque donc de décevoir les spectateurs déjà lassés des films zombie. Le film n’aide pas sa cause en succombant a une ultime cliché éculé à la toute dernière image. Malgré ces lacune le film est plein de suspense et d’effroi présenté de façon très efficace, Colony devrait donc satisfaire ceux qui recherchent avant tout un divertissement âpre et délicieusement déjanté.

Cote ***.
Annexe spéciale






