Dans les folklores japonais et chinois, plusieurs contes mettent en scène des renards qui s’immiscent parmi les humains sous les traits de belles jeunes femmes. Dans le folklore européen et la littérature qui s’en inspire, le renard incarne aussi la figure du trickster — un fripon ou un trompeur — qui dupe les humains ou leur joue de mauvais tours. En France médiévale. ce type de personnage a fait même l’objet d’une vaste littérature fantastique sous le nom de Roman de renart. Ces deux représentations semblent être les principales sources d’inspiration de The Fox un film australiens prenant la forme d’une fable allégorique mêlant réalisme magique, humour noir et guerre des sexes.

Au-delà de prémisse fantastique, le film mise sur une comédie du malaise, où les personnages sont constamment pris dans des situations embarrassantes ou poussés, par timidité et conformisme, à satisfaire les attentes des autres. Derrière son réalisme magique et son humour surréaliste, le film traite en fait des dynamiques malsaines, voire toxiques, qui peut s’installer au sein d’un couple ou d’une petite communauté. Les attentes des hommes envers leurs conjointes sont particulièrement visées, ce qui finit par donné au récit une dimension un autant soit peut sinistre et inquiétante.

The Fox est le premier long métrage de son scénariste et réalisateur, Dario Russo et il s’agit d’un véritable coup de maître. L’un de ses choix les plus judicieux consiste à privilégier des marionnettes animatroniques plutôt que des effets spéciaux numériques. La bande sonore est aussi particulièrement réussie, avec des bruits de nature et des sonorités de cor de chasse intégrés à la musique. Comme pour The Hot Spot, présenté à Fantasia, j’aurais toutefois aimé voir The Fox avec des sous-titres : même si l’accent australien des acteurs n’est pas trop marqué, plusieurs répliques humoristiques m’ont échappé.

Un plus d’être une comédie fantaisiste fort amusante  The Fox propose plusieurs observations pertinentes sur les relations de couple et certaines attitudes masculines. Le film pourrait donc être recommandé aux couples, puisqu’il pourrait les inviter à réfléchir à leurs comportements et à leurs façons d’agir.

À noter que  le renard n’est pas une espèce animale indigène à l’Australie, comme les lapins et les dingos ils auront été importé par les hommes. L’élite du pays s’en servait comme gibier pour des chasses à cours. De nos jours ils totalisent plus de 7 millions.

The Fox était mon dernier film du Festival cette année, et il a conclu l’événement en beauté. La salle était comble, et j’ai bien cru ne pas pouvoir entrer en voyant la longue file devant moi. Heureusement, j’ai finalement trouvé une bonne place au centre du balcon.

Cote : ****