Pour une personne gaie heureuse et fière de l’être, difficile d’imaginer pire cauchemar qu’une épidémie virale qui transforme les gens en hétéros — surtout lorsqu’elle découvre qu’elle vient d’être infectée. C’est ce qui est arrivée au personnage titre de Jim Queer , un influenceur hyper baraqué qui passe de héros à zéro du jour au lendemain. Il peut néanmoins compter sur l’aide de Lucien, un jeune admirateur « twick » qui est son plus grand fan.
À Fantasia, il m’arrive souvent de choisir des films à la dernière minute, en espérant tomber sur une grande découverte qui va me transporter au nirvana filmique. Malheureusement, ces paris se retournent le plus souvent contre moi, car sans être mauvais, les films retenus correspondent moins souvent à mes goûts. Ils me laissent donc assez indifférent, même si je peux en reconnaitre les qualités. Cette année, j’ai ainsi fait deux ou trois mauvais choix regrettables.
Toutefois, pour Jim Queen j’ai fait un choix gagnant un dessin animé français résolument queer, kitsch, bariolé, mordant, criard, hystérique et totalement barré, autant sur le plan comique que visuel. Le film semble déjà promis au statut de grand classique culte, au côté du Rocky Horror Picture Show — s’il ne l’est pas déjà!






Jusqu’au matin de la projection, j’avais pourtant ignoré ce titre étant en général peu porté sur les sujets, les personnages et l’humour LGBTQ+. Toutefois, quand j’ai réalisé que j’avais besoin d’un film stimulant pour démarrer mon ultime journée de Festival et incertain du premier film sélectionné, j’ai préféré faire une gageure avec Jim Queen. Ce fut, et de loin, mon meilleur choix du festival 2026.
Sa qualité grandiose se tient à sa capacité de me faire rire même si l’humour et les codes de l’univers gai me sont étrangers. C’est que j’ai immédiatement accroché à l’autodérision burlesque qui alimente tout le film. Pour les références qui m’échappaient (le foot ou les basquets), les réactions vives du public dans une salle comble m’indiquaient l’emploi de gags et à en mesurer l’effet comique. En plus d’être hilarant, le film m’a fait découvrir un univers dont j’ignorais presque tout. Pour moi, cela compte presque autant que sa réussite comme comédie complètement folle.






Jim Queen ne se contente pas de faire rire. Malgré leur dimension caricaturale, la plupart de ses personnages demeurent attachants et finement typés. Le film met aussi en relief plusieurs enjeux essentiels pour la communauté LGBTQ+, notamment l’acceptation de soi et l’importance de la solidarité. Dans un contexte où la montée de l’extrême droite fragilise les acquis légaux des personnes LGBTQ+, et/ou les cas d’intimidations physiques ou verbales se multiplient, ces thèmes prennent une résonance particulière.
Jim Queen est un de mes deux grands coups de cœur du Festival. Je le recommande vivement à quiconque souhaite explorer l’univers LGBTQ+ ou découvrir un monde criard et baroque qui lui est peu familier. Il est préférable de le voir en salle, avec un public enthousiaste que seul devant un téléviseur ou un ordinateur. L’expérience en serait moins intense et quantité de gags tomberais certainement tomber à plat.
Cote ****
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