Le cycle Action! de la Cinémathèque Québécoise rassemble six films tournés au Québec par des cinéastes canadiens depuis plus d’un demi-siècle. Le premier présenté est Pouvoir Intime datant de 1986 qui a été souvent décrit comme le premier véritable thriller québécois. Cette idée mérite d’être nuancée, puisque quantité de films à dimension criminelle ou policière l’avaient précédé, dont Red et plsueiurs films du metteur en scène Jean Claude Lord.

Toutefois, Pouvoir intime se démarque bel et bien de ces prédécesseurs  par la force dramatique de sa prémisse, la précision de sa mise en scène, son atmosphère soutenue et le talent de ses acteurs, autant d’éléments qui en font un suspense des plus prenant.

Synopsis

Commandité par deux fonctionnaires corrompus, un repris de justice organise le braquage d’un camion blindé. Le plan, minutieusement préparé, dérape lorsque l’opération fait des morts et laisse un agent de sécurité prisonnier du fourgon. Retranchés dans leur repaire, les cambrioleurs doivent alors tenter de déloger l’assiégé, tandis qu’un étau implacable se resserre aussi sur eux.

Un thriller policier et bien autres choses

Le titre Pouvoir intime ne renvoie pas  à la prémisse du film, mais plutôt aux liens qui unissent plusieurs personnages et orientent leurs émotions comme leurs décisions : ceux entre complices d’aces criminel,  les relations père fils, ainsi que l’attachement amoureux entre deux hommes. Au-delà du suspense, le film se déploie ainsi comme un drame psychologique aux conséquences tragiques.

La mise en scène et la création d’atmosphère témoignent d’une virtuosité maîtrisée qui évoque Brian De Palma. Elles renforcent une intrigue fondée sur un triple huis clos étouffant : celui du gardien enfermé dans le fourgon, celui des criminels retranchés dans leur repaire et, plus largement, celui des personnages pris au piège de leurs propres liens.

Si la trame est en général très bien  menée, certains éléments paraissent moins pleinement intégrés. Un couple de personnages semble peu nécessaire par exemple,  tandis que le dénouement paraît précipité et repose sur quelques gestes peu logiques. Le sort d’un personnage clé reste également en suspens. Cette part d’ambiguïté entretient une certaine zone de mystère, mais elle donne aussi l’impression d’un scénario qui aurait pu être plus abouti.

Yves Simoneau et ces acteurs.

Pouvoir intime a été réalisé par Yves Simoneau d’après le roman criminel The World in My Pocket de l’écrivain britannique James Hadley Chase, publié en français dans la collection Série noire sous le titre Pas de mentalité. Simoneau appartient à une Nouvelle  génération de cinéastes québécois émergeant  au cours des années quatre-vingt  années 1980, et il aura tenter de faire sa marque par le cinéma de genre encore peu présent et respecter au Québec. Grâce à son approche originale et percutant, Pouvoir intime a connu un important succès critique et commercial, imposa Simoneau, pour un temps, comme l’un des jeunes talents les plus prometteurs du cinéma québécois.

Au-delà de ses qualités formelles et de l’efficacité de son suspense, Pouvoir intime se distingue par une remarquable distribution réunissant plusieurs des acteurs québécois les plus populaires et reconnus de leur époque : Jacques Godin, Marie Tifo, Robert Gravel, Yvan Ponton, Jean-Louis Millette et Pierre Curzi et un des plaisirs du film est de revoir ces interprètes.

Diaporama des acteurs :

Le cinéma québécois et ses institutions étant alors peu réceptifs au cinéma de genre, la carrière de Simoneau au Québec a tourné court des le tournant des années quatre-vingts dix . Il a donc choisi de travailler aux États-Unis et plus tard en France. Pouvoir intime a marqué les spectateurs des années 1980 et pourrait aujourd’hui être considéré comme un classique, n’était sa disponibilité encore très limitée. Malgré une restauration, le film n’existe pas en édition vidéo récente, à l’exception de copies anciennes, ce qui est d’autant plus déplorable.

https://www.youtube.com/watch?v=_Vhz5Uy79lQ  Entrevue de Pierre Curzi et Marie Tifo

Conclusion.

Je n’avais pas eu l’occasion de le voir à sa sortie en 1986 ni lors de sa projection à Fantasia en 2014. Quarante ans plus tard, j’ai enfin rattrapé ce retard, et cette séance du Cycle Action! s’est imposée comme l’un de ses moments forts. Même si j’ai repéré une ou deux maladresse scénaristique pour le dénouement de manière générale Pouvoir est un thriller tragique parmi les plus habiles et vigoureux que j’ai vue.

Lien Mediafilm :

Lien Wikipédia :

Trois des cinq films de Yves Simoneau fait au Québec.

Galerie des Affiches :

Les autres film québécois du cycle action : Red (1971), Le Dernier Souffle (1999), La Loi du Cochon (2001), Bon Cop Bad cop (2006).

The Art of War a été tournée a Montréal par le metteur en scêne Christian Duguay mais est un film d’action américian situer à New York. Strange Shadow in an Empty Room (aka Blazing Magnum) a été tournée à Montréal et Ottawa mais est une co production entre le Canada, l’Italie et le Panama tournée par tournée par Alberto De Martino

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