Titre japonais original: Kuko roji  ‘’ La Prison Noire’’
Titre français alternatif: Le Chateau d’Arioka.
Metteur en scène: Kiyoshi Kurosawa.

Kiyoshi Kurosawa est un cinéaste reconnu comme un des grands auteurs du cinéma d’horreur japonais contemporain. Quelques un  de ses films ont été présentés à Fantasia au cours des premières années du festival notaent Cure. Le Samourai et  le prisonnier est son premier film historique adapter d’un roman de Honobu Yonezawa basé sur un événement historique : le siège du château d’Arioka qui s’est déroulé au XVI siècle durant l’ère dite des trois réunificateurs.  

Un who done it shakespearien 

À la base, Samouraï est un whodunit en costume où un samouraï-détective doit résoudre une série d’énigmes survenant dans un château et ce depuis le cachot où il a été enfermé. C’est toutefois le personnage du maitre du château qui est le véritable protagoniste du film; présent dans presque toutes les scènes, c’est son point de vue que l’intrigue présente. Il est lui-même la plus grande énigme du récit  ses actions allant souvent dans le sens contraire de ce qu’on attend d’un samouraï. Dès lors, la question essentielle est de comprendre ce qu’il cherche vraiment à accomplir.

D’ailleurs, lors de leurs rencontres au cachot, le prisonnier cherche surtout à percer son geôlier à jour; résoudre les énigmes qu’on lui soumet passe au second plan. Les échanges entre les deux hommes prennent fréquemment l’allure de joutes stratégiques, proches du jeu échecs ou de go. Si cette joute entre les deux personnages constitue le cœur du film, elle n’est pas la seule : le maitre du château affronte aussi le conspirateur secret qui manipule les événements dans l’ombre en commettant les crimes mystérieux.

La complexité des personnages, de leurs motivations — parfois contradictoire — et de leurs interactions confère au film une dimension quasi shakespearienne. D’ailleurs, quelques critiques ont rapproché le Samouraï et le prisonnier au Château de l’Araignée l’adaptation de la pièce Macbeth par Akira Kurosawa. De plus les principaux protagonistes évoquent des archétypes shakespeariens, mais inversés : on y reconnaît ainsi un anti-Macbeth et un anti-Iago.

Une mise en scène en jeu de go…. ou en toile d’araignée

D’une durée de 147 minutes, d’un rythme posé et avec juste quelques scènes d’action, Samouraï n’a pas grand suspense et sa tension dramatique reste en tout temps mesurée.   Même les mystères eux-mêmes ne sont pas présentés de manière particulièrement excitante.

C’est que Samouraï est un film centré d’abord et avant tout sur les personnages, leurs relations et les questions qui les traversent, notamment autour de leurs motivations et de leur éthique. Il repose donc surtout sur les dialogues entre les protagonistes.

Le film évite de tomber dans le piège d’une théâtralité pesante par une mise en scène ample, fluide et précise. Mieux encore, les mouvements de caméra de même que la disposition des personnages et leurs déplacements crée un espace dynamique qui peut parfois évoqué à la fois le damier d’un jeu de go, où les adversaires cherchent à se cerner de même à une toile d’araignée où les proies s’empêtrent dans un piège.

Discrète, la mise en scène ne cherche jamais à attirer l’attention sur elle-même. Toutefois, en faisant résonner la forme avec les thèmes du film, elle démontre la maitrise considérable de Kiyoshi Kurosawa du langage filmique

Conclusion.

Le Samouraï et le prisonnier propose un regard original et intelligent sur une période violente du Japon. Cette perspective singulière ajoutée aux charismes de personnages complexes et la grande subtilité de sa mise en scène en font une œuvre particulièrement captivante. .

Cote : ****.

Annexe spéciale :

Les Personnages titulaire u film sont des figures historiques connus. Voici une série de liens pour les identifier.

Le Maitre du chateau:Araki Musahige

Le Prisonnier Kurata Kanbei

Curieusement, le dénouement de Samouraï semble ne correspondre que partiellement aux faits historiques connus. Le film présente-t-il une version inexacte de l’histoire, ou choisit-il plutôt la voie de l’histoire alternative?.

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